Conciliation, Être parent, Parentalité, Petite enfance
Écrire un commentaire

Mon p’tit chat

« Mon p’tit chat », mes grands-parents m’ont toujours appelée comme ça : j’adorais ce surnom, mais jamais je ne me serais douté qu’il irait si bien à ma propre fille…

Martha, elle a l’indépendance des deuxièmes de famille, elle ronronne quand elle tète son pouce, elle est colleuse et cherche toujours à jouer dans le rayon de soleil sur le plancher du salon les jours où il fait beau.

Conversation avec Martha

Mon p’tit chat, t’as un an aujourd’hui, pis je trouve ça ben, ben difficile.

Tu es superbe, pleine de vie pis en santé, et mon cœur meurt de fierté quand j’te r’garde aller.

Mais mon cœur, il a ben, ben de la misère à accepter de ne pas t’avoir vue pendant toutes ces heures que j’ai passées au travail depuis mai dernier.

C’est sûr que juste le fait de penser que ton frère, j’m’en suis occupée 24 heures sur 24 jusqu’à ce qu’il ait 18 mois, ça m’aide pas à faire ma paix avec ça.

J’ai comme peur que tu l’sentes pis que tu vieillisses en m’en voulant. C’est fou, hein?

Quand j’en parle avec ton père, ça l’insulte. T’sé, c’est lui qui était avec toi quand j’suis retournée travailler. Il me demande tout le temps si c’est parce que j’ai l’impression que j’aurais fait une meilleure job que lui. Bien sûr que non, tu as le meilleur des papas.

Ensuite, c’est une nounou qui est venue s’occuper de toi à la maison. Une personne extraordinaire qui t’a aimée comme une mère. Parfois, j’trouvais ça dur.

Pis, depuis quelques semaines, tu vas à la garderie, avec ton frère. Et tu attrapes tellement tous les microbes et virus inimaginables, que j’capote, pis j’me demande donc c’que tu fais là!

Pis là, tout l’monde me dit de pas m’sentir coupable parce qu’à un an « c’est normal » que t’ailles à la garderie.

Et, chaque fois, tout c’que j’entends, c’est qu’en fait, ce qui était pas normal, c’est que j’te laisse pour retourner travailler.

Ça, c’est lors des moins bonnes journées, celles remplies de culpabilité maternelle.

Parce que, quand j’arrive dans une pièce et que ton regard s’illumine, que y’a juste mes bras qui peuvent te calmer, que y’a juste dans mon assiette que tu veux manger, pis que y’a que moi qui peux t’endormir, je réalise qu’entre toi et moi, c’est toute, toute là…

Bonne fête mon p’tit chat! xx

 

 

1 commentaire

  1. C’est un billet magnifique Odile. J’ai l’oeil mouillé.

    J’ai une question pour toi: aurais-tu fait autrement? Quand vous avez pris ces décisions, c’était la meilleure chose à faire à ce moment-là?

    Tsé la maternité, ça se compte pas. Pas en heures en tout cas.

    xxx

    • Odile dit

      Oh, merci Marianne!

      Non, en fait, je ne crois pas que j’aurais pris une autre décision. À ce moment, c’était vraiment la meilleure que je pouvais prendre, car l’opportunité que j’avais ne ce serait sûrement pas représentée…pis t’sé mon chum pouvait accepter des contrats de fin de semaine, et refuser ceux la semaine pendant quelques mois…tout ça avait de l’allure.

      Mais. C’est dur de se dire : je fais passer mon avenir professionnel avant ma fille, fucking dur. Mais, je sais que pour le « long terme », c’était LA décision à prendre.

      Et t’as tellement raison, la maternité, ça ne se compte PAS en heures!

      xoxoxox

  2. Josée Dubreuil dit

    Je suis d’accord avec toi mais Martha ne pouvait avoir de meilleure mère que toi.
    JoJo xxxxxx

  3. Brigitte dit

    Je comprend le déchirement, j’ai vécu la même situation à la naissance de ton chum. Sois rassurée , Martha ressent tout l’amour que tu lui donnes. Bonne fête Martha, petite fille choyée et chérit de tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *