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C’est un garçon ou une fille?

Quelle coupe de cheveux portiez-vous lorsque vous étiez enfant? Sur les photos de moi, petite, j’ai presque toujours les cheveux courts (ou très courts, c’est selon) jusqu’à l’âge de 6 ou 7 ans. Peut-être parce que j’étais pas du monde quand venait le temps de me peigner, je sais pas ;)

Moi, six ans.

Moi, six ans.

N’en reste pas moins que je me trouve pas mal plus « mignonne » sur mes photos avec les cheveux longs. Pourquoi ? Parce que j’ai l’air « d’une fiiiiiille ». Gros cliché, hein ? Mais c’est qu’on est tellement habitué de voir ça : des petites filles coquettes avec des rubans dans leurs longs cheveux.

« Ce que les cheveux courts de mes filles m’ont appris sur le féminisme »

Au début du mois, je suis tombée sur What my daughters’ short haircuts taught me about feminism, un billet de blogue d’une américaine dont les trois fillettes correspondent exactement au sacro-saint modèle de la beauté : elles sont toutes blondes aux yeux bleus, le tout, sur des petites faces d’ange. Dans ce texte, la mère parle du malaise qu’elle ressentait quand les gens l’arrêtaient pour lui dire à quel point ses filles étaient belles. Elle nous confie que, après, elle se faisait toujours un devoir de dire à ses filles qu’elles étaient bien chanceuses d’être belles de même, mais que ce qui comptait vraiment, c’était à l’intérieur. Elle se trouvait BEN féministe. Comme nous toutes, je suppose.

Jusqu’au jour où DEUX membres de son trio parfait lui ont demandé de se faire couper les cheveux courts.

Sa réaction : Ça me tente pas. Mais POURQUOI se demande-t-elle? La vérité qu’elle s’avoue finalement : Parce qu’elles auront l’air… de garçons! Et comme elle sait bien que cet argument n’est pas vraiment « valable », elle les a amenées se faire couper les cheveux.

Mais il fallait s’y attendre, elle s’est fait dire par des gens de son entourage (et par des étrangers, soupir) que c’était vraiment dommage que ses filles ressemblent à des garçons. Sa réflexion part de cet événement mais ne porte pas que sur les cheveux, elle l’utilise pour parler du féminisme et des attentes de la société par rapport aux corps des femmes. Si vous voulez la lire, son texte est bien intéressant.

Confrontation

Si je l’ai trouvé intéressant, c’est sûrement car il est aussi très confrontant… Parce que je sais pas comment je réagirais si Martha, un moment donné, me demandait de faire couper ses cheveux. T’sé dans les faits, c’est à elle la tête, pis les cheveux courts ne sont pas réservés aux garçons, pis je suis féministe, pis, pis, pis, je suis bien au courant de tout ça. Mais n’y a-t-il pas en moi, une toute petite partie cachée qui aurait donc envie que ma fille soit stéréotypiquement-mignonne? Oui. Et j’ai un peu honte de l’avouer.

Martha et ses cheveux de beubé.

Martha et ses cheveux de beubé.

 

Différenciation

Après avoir réalisé ça, je me suis demandée pourquoi, depuis qu’ils sont nés, je tenais à différencier le genre de mes enfants. Mon garçon a souvent toujours porté un cache-couche bleu et je ne me faisais vraiment pas prier pour mettre une tuque rose à ma fille.

Mais je trouve ça étrange, parce que même si on ne pouvait pas les différencier selon leur genre lorsqu’ils étaient habillés de manière neutre, moi, je le savais pareil si j’avais accouché d’un gars ou d’une fille. Mon chum ne l’avait pas soudainement oublié, de même que nos familles et amis. Pourquoi je voulais TANT que cette-inconnue-à-l’épicerie sache d’un seul regard si je promenais un bébé-garçon ou un bébé-fille dans ma poussette? Je sais pas.

Au bout du compte

Ce sera à moi de gérer mes attentes si Martha veut se faire couper les cheveux courts ou ne s’habiller que de vêtements sport-pas-rose. Parce que je vais lui dire oui (pis on s’entend que moi, je vais toujours la trouver belle). Et si un étranger en venait à me passer un commentaire plate sur le fait que ma fille porte les cheveux courts et/ou s’habille de manière non « conventionnelle », je lui dirai que c’est d’abord un enfant heureux, pis que c’est pas mal ça, le plus important.

Bon. Ça se pourrait aussi que je lui réponde pas, pis que je lui fasse juste un air bête à la place. C’est même VRAIMENT possible, ha!

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  1. Salut! Tu sais, mon Agathe n’a jamais eu les cheveux plus longs qu’entre le menton et les oreilles. L’été dernier, à 4 ans, elle me harcelait pour se faire couper les cheveux encore plus courts! Elle me pointait des gens sur la rue (filles et garçons) en me disait « comme ça » et en me donnant les raisons de son choix: elle a chaud avec des cheveux, elle aime pas quand ses cheveux viennent dans son visage, elle aime pas attacher ses cheveux et les peigner longuement. Donc, comme ça n’a aucune importance pour moi et que ça revenait semaines après semaines, j’ai dit oui, bien sur! Et depuis ce temps-là, on retourne régulièrement couper ses cheveux courts. Même qu’elle les avait fait pousser un peu depuis quelques mois (genre, aux oreilles) et elle m’a dit: tu sais, maman, je ne suis pas prête à avoir les cheveux longs. J’aimerais qu’on retourne chez ma coiffeuse! J’aime que ma Poulette soit une fille d’actions et qu’elle n’accorde aucune importance aux stéréotypes capilaires qui nous sont imposés! À son âge, alors que TOUTES les petites filles ont des lulus et des tresses en se prenant pour la Reine des neiges… je suis vraiment fière d’elle, intérieurement!

    • Je renchéris directement sur le commentaire d’Annick parce que nos enfants ont le même âge et sont des amis avec un grand A. Henri, c’est tout le contraire : il veut ses cheveux le plus long possible, tellement qu’ils lui dépassent largement les épaules. Pour lui couper un demi-centimètre de toupet, juste pour qu’il ne l’ait pas dans les yeux, c’est une heure de négociation. Il passe pour une fille plusieurs fois par semaine (c’est clair qu’au camping, avec son pyjama rose à bonbons et ses longs cheveux blonds, il ne correspondait pas aux standards de son genre, mais ça arrive même lorsqu’il a un look plus conventionnel). Au début, je ne disais rien. Des fois, je corrigeais poliment les gens. Puis j’ai décidé de demander à Henri ce qu’il en pensait. Sa réaction : il ne comprend pas pourquoi il passe pour une fille, mais si ça arrive, il m’a dit que ça ne le dérangeait pas la plupart du temps et, quand ça le dérange, il ne se gêne pas pour le dire (ça et, habituellement il ajoute que « ça existe pas les choses de filles et de garçons »).

      Je pourrais t’écrire un commentaire de 20 pages là-dessus parce que la question du genre (chez les enfants, mais pas que) me passionne, mais bon, ce que je voulais dire surtout, c’est que les enfants ont toutes sortes de goûts (certains qui passent et d’autres pas) et je trouve que ça fait tout le charme de leur personnalité. Aussi, je trouve que ta réflexion est vraiment pertinente : Il y a beaucoup de choses que nos enfants font et qui remettent en question nos choix, nos idées, notre façon de voir les choses… Même si ce n’est pas toujours facile (souvent même que c’est difficile), je pense que c’est un grand pas d’être capable de se remettre en question et de devenir plus ouverts, grâce à eux.

      • En effet, voir grandir des enfants, c’est un immense, immense privilège, mais ça veut pas dire que c’est tout le temps tout simple ;) Ils ont leur personnalité, leurs goûts et nous il faut leur montrer que TOUT ça, c’est correct. C’est un des mes buts en tant que mère : leur apprendre l’ouverture aux autres et l’acceptation de soi. Si après ça, moi, y’a des trucs qui me confrontent, c’est ben juste à moi de les gérer, t’sé ;) On apprend tout temps, pis je trouve ça beau.
        Merci les filles de vos commentaires, vous êtes des mères si inspirantes xx

  2. Beau questionnement Odile :) Je pense qu’une bonne première étape est d’être conscients de nos inconforts et d’être willing de se mettre en question même si, justement, c’est incortable. Après cette puissante machine de socialisation du sexe et du genre, elle a fait des victimes de nous avant nos enfants et donc c’est normal aussi que, même avec toute la bonne volonté et l’éducation du monde, il soit difficile, voir impossible de sortir complètement de ce cadre. C’est tellement intégré dans tout ce qu’on fait et tout ce qu’on est, dans toutes nos relations et dans notre conceptualisation du monde qu’il faut faire un méchant travail pour en sortir… Faut être courageuse et courageux pour continuellement se remettre en question et remettre en question le statut quo :)

    Nous on a une poussette rose pour nos deux garçons. Pas par opposition mais par principe parce que merde, c’était celle qu’on préférait un point c’est tout. Mon 2e a des traits assez féminin et dans sa poussette rose, ça arrive qu’on me dise que c’est une belle fille. Par principe, aussi, je ne corrige pas les gens. Je dis merci.

    J’essaie aussi de faire attention au langage que j’utilise. On a souvent tendance à noter les différences entre fille et garçons plutôt que les simlarités. On a aussi tendance à faire des groupes par sexe (« les filles versus les gars, les filles ca, les gars ca) dans des situations qui n’ont rien à voir avec les sexe de l’enfant. Même en temps qu’adulte, combien de fois on s’est retrouvé par example, un groupe de fille avec juste un gars et qu’il était IMPOSSIBLE pour le monde de ne pas commenter sur ça, de ne pas faire cette dichotomie selon le sexe. C’est reductioniste. On est + que juste notre sexe.

    Bref, j’arrête, j’arrête ;)

    • On est TELLEMENT plus que notre genre!

      Pis c’est ça qui me gosse dans ma réaction au billet dont je parle, parce que je comprenais TOTALEMENT la pensée de la mère même si je sais très bien qu’on est plus que ça.

      Après réflexion, je sais que si la situation se présente dans quelques années, je n’aurai pas cette réaction, ça va juste être « GO Martha! » hihi

      On apprend tout le temps, j’adore ça. Et j’aime tellement ce que tu dis : oui, ça prend du courage pour se remettre en question, mais je pense que ça fait de nous des gens plus ouverts et qui savent, aussi, quand ils ont fait fausse route.

      Hey, merci Johanna d’alimenter ma réflexion! xox

  3. Dans les anées 70 moi agé de 15 ans et mon fere de 12 ans notre mere nous rasait nos tetes 2 fois par mois avec sa tondeuse électrique,bref une belle boule à zero! En plus elle nous disait vous etes beaux mes cheris comme ça .Et lorsqu’on se plaignait qu’on avait froid à la tete elle nous disait mettez vos berets ,bref meme à la maison nous étions en permanance affublés comme à l’école!!De plus elle nous avait mis moi et mon frere dans une école privée ou l’on devait mettre des culottes courtes tenues par des bretelles+ la blouse boutonée dos en nylon et le Beret aussi !De plus elle se servait largement du Martinet sur nos fesses ,tout comme à l’école ou Il n’y avait que des enseignantes qui elles aussi se servaient largement du Martinet!.meme à la sortie vers 17hoo de l’école notre mere venait nous chercher en gardant elle aussi sa blouse en nylon et elle n’oubliait jamais de prendre le Martinet ,au cas ou..!meme des fois on avait tellement été fessés moi et mon frere au Martinet qu’on avait du mal à s’assoir ,mais c’était la norme à cette époque ,car les mamans qui ne venaient pas chercher leurs garçons ou filles à la sortie des écoles ,elles se mettaient dans la rue toutes en blouses en nylon aussi et leurs Martinets en main,ça c’est sur Il ne fallait pas faire l’Imbécile à cette époque!.De plus tous les 6 mois notre meres ,comme tant d’autres nous emenaient en ville pour nous racheter ,culottes courtes,bretelles à pinces ,nouvelles blouses en nylon de préference boutonées dos pour qu’on ne puisse les enlever! un beret et biensur un nouveau Martinet,car à force de s’en servir il y avait quelques lanieres qui s’étaient détachées du manche en bois,et celui la on avait le droit de le mettre dans notre caisse à jouets!Quant au nouveau Martinet Il était bien caché ,car plus d’une fois mon frere et moi nous l’avons cherchés mais on ne l’a jamais trouvé !et cela a duré jusqu’à nos 18 ans ,et tout le monde trouvait ça normal !

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