Défis, Être parent, Parentalité
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De lourdeur et de maternité

Henri se réveille encore en criant et court jusqu’à mon lit. Il a entendu la moto de son père démarrer et quitter l’entrée. Il pleure parce qu’il n’a pas pu lui dire au revoir avant qu’il parte travailler. J’essaie tant bien que mal de le consoler, lui dire qu’il le verra demain, mais rien n’y fait. Bien sûr, ses pleurs réveillent Martha.

Je me lève péniblement et me rends jusqu’au lit de la petite. J’ai mal à la tête comme chaque matin.

– Lait-lait.

– Oui, ma chérie, mais on va changer ta couche avant.

Elle se débat, elle déteste quand on change sa couche. Henri pleure toujours.

Martha me pointe férocement sa chaise haute et crie jusqu’à ce que je lui serve ses céréales pour bébé. Elle mange seule. Enfin.

À force de câlins et d’attention, Henri se remet de sa peine quotidienne.

-Aider-aider?

Martha me tend sa cuillère.

Je lui dis que je ne peux pas l’aider, que je dois préparer le déjeuner à Henri et qu’elle est capable toute seule. Elle se fâche.

Une fois Henri servi, j’aide Martha avec ses céréales. Je rappelle à Henri de manger, de boire son lait, d’arrêter de jouer. Je suis plate. J’haïs être plate.

Il n’est pas 7h et j’ai déjà géré trop de crises et de pleurs pour ne pas avoir envie, moi aussi, de m’y laisser aller en pensant à toutes celles qui arriveront inévitablement.

Je leur sors blocs, livres, figurines et fausses vaisselles. Je joue avec eux cinq minutes, puis je me sauve pour me faire un café. Première gorgée et le mal de tête est presque passé. Je retourne avec eux, je bois mon café assis sur le tapis de voitures et je tente de m’intéresser à leurs jeux.

Je m’éclipse subtilement vers le fauteuil pour lire La Presse. Après deux ou trois articles, j’abdique. Ça se chicane et ça crie. Je leur propose donc de jouer avec les déguisements. On a du plaisir, on rit, moi, et ces deux adorables créatures que j’ai fait pousser dans mon ventre.

Après 15 minutes, ils en ont assez. Je leur offre de dessiner. Henri fait du coloriage en s’efforçant de ne pas dépasser les lignes, Martha mange les crayons. Je lui dis d’arrêter, elle se choque. Henri demande un bout de washi tape, il veut accrocher son dessin au mur. Ce mur, c’est le plus beau de la maison.

 

Il n’est que 8h, et il me semble que j’ai épuisé beaucoup d’options. Je les amène donc faire leur toilette du matin et je les habille cute. Les voir ainsi, ça me fait du bien : j’ai l’impression d’être une mère « capable » quand mes enfants sont bien habillés.

Je ferme la porte de la salle de bain derrière nous pendant que je prends ma douche. Je laisse couler l’eau sur mon visage les yeux fermés pendant au moins une minute. Je les entends crier et taper sur les murs de la douche : je leur demande d’arrêter, même si dans le fond, ils me font rire. Surtout quand je m’ouvre les yeux et que je vois que Martha a la face collée au complet dans la vitre.

Il est 9h lorsque je réussis à les installer dans la poussette. L’automne est bel et bien arrivé et, comme tout est mouillé, je préfère ne pas les amener au parc. Je n’ai pas envie de laver des pantalons pleins de bouette aujourd’hui. Juste, non.

On part et on se promène dans les rues du quartier. Les feuilles, les couleurs, c’est beau. Au bout d’une heure trente, j’ai les bras fatigués, on rentre à la maison. Le poids de mes deux cocos et celui des responsabilités, à la longue, c’est lourd.

 

Il est encore tôt, mais je décide de préparer le dîner tout de suite. Henri est dans une passe « salade verte », j’en fais donc une que nous mangeons debout : on aime trop ça avec de la vinaigrette au citron ! Je prépare ensuite une omelette au fromage, le classique de nos midis sans papa.

On lit une histoire, puis on va tous faire la sieste. Deux heures plus tard, quand Martha nous réveille, j’ai comme une petite boule d’angoisse dans le ventre. J’appréhende la soirée qui approche : un samedi soir où, encore, je serai seule.

On écoute un film. Pendant qu’ils ont les yeux rivés sur l’écran, j’en profite pour aller voir sur Facebook à quel point tout le monde a une vie plus intéressante que la mienne. Quelle mauvaise idée, quand même.

 

Je prépare le repas, des pâtes. Je donne le bain aux enfants, on rit. Je crème ensuite Martha, elle crie. On joue au hockey dans le sous-sol. On s’installe ensuite, gros monstre à trois-têtes-trois-coeurs, sur la chaise berçante. Martha s’endort pendant que je chante « sa » chanson. Henri et moi allons la border.

-Maman, j’ai envie de pipi, j’ai soif et j’ai peur, j’ai…

-Bisou, mon amour de garçon que j’aime, à demain.

(Répéter 10 fois la séquence, puis réussir à endormir l’enfant. Enfin.)

 

Assise en silence dans mon salon, je prends le temps de mesurer le poids de ma solitude, celui de ma journée, de celle de demain, de même que celui des tâches, des devoirs et des envies.

Et même si je dois m’avouer que ça pèse, je n’ai pas envie de me décourager, car je pense à toute la confiance en soi (nouveauté dans ma vie) que m’apporte ce défi qu’est pour moi la solitude maternelle. Se challenger pour mieux se trouver, genre.

Bon, c’est bien beau les challenges, mais je me dis, qu’un jour, je devrais en parler avec d’autres parents qui ont l’impression eux aussi d’avoir parfois trop de responsabilités : pour me sentir moins lourde et, paradoxalement, moins seule.

Juste pour être moins essoufflée.

 

53 commentaires

  1. Je te comprends tellement. Je suis souvent seule avec mes deux cocos et parfois j’appréhende la prochaine crise et j’aurais envie de pleurer aussi (c’est déjà arrivé…). Des fois j’ai juste pas le goût de sortir dehors, mais toute la journée à la maison, c’est loooooong… Souvent je me demande comment je vais faire avec le 3e petit bonhomme qui pousse dans mon ventre et je me pose mille et une question concernant mes interventions et mes compétences parentales. Sauf que je ne voudrais pas être ailleurs parce que quand je suis ailleurs, je m’ennuie tellement d’eux! C’est le plus gros défi que j’ai eu à relever et qui exige le meilleur de moi-même et ça, j’aime ça.

    • Oh! Si tu savais comme je me reconnais dans tes mots. Mes interventions et mes compétences…moi aussi je les questionne quand je suis fatiguée… Et le défi : que oui! Le plus gros ET le plus beau!
      Merci de ton commentaire Emilie!

  2. Odilou, c’est magnifique. Ton écriture est toute légère, elle nous effleure même si ton sujet est très dense. Et évidemment, je me suis beaucoup retrouvée dans tes mots. <3

  3. Sylvie dit

    C’est tellement touchant. Ce rêve que l’on a tant carressé, on donne la vie, puis le quotidien embarque et c’est parfois juste trop… Je suis devenue une mère monoparentale il y a 1 an et demi avec 2 cocos… mais j’était la reine des mères célibataires avant de me séparer, puisque papa travaille toutes les fins de semaines… encore aujourd’hui :S = il ne voit ses enfants que 10H par semaine top chrono ;P
    J’ai parfois envie de pleurer, d’autres fois d’hurler et parfois même j’hurle… et là je suis donc pu fière de moi… Mais l’autre jour, mon grand me voyant pogner les nerfs… me dit calme toi maman de ce ton si calme et en répétant autant de fois que possible et il rajoutte prend une grande respiration puis il fait la respiration pour me calmer… bref tout ce que je fais pour lui apprendre à se calmer… ils ont le tour de nous aider et d’être là pour nous au bon moment. Je ne changerais ma vie pour rien au monde.

    • Sylvie, j’ai les larmes aux yeux. C’est si beau ce que tu décris.
      L’amour, les valeurs qu’on leur lègue, quand on les voit dans eux, c’est magique.

  4. Isabelle dit

    Tellement ça. Ces mots j’aurais pu les écrire. Ça fait du bien à l’âme de s’y reconnaître un peu hein?! Et sa fait sourire aussi.

  5. Caroline dit

    Poignant. Merci. J’avais besoin de ce texte. Deux enfants à 17 mois d’écart, la plus vieille qui aura 2 ans ½ bientôt. On peut être si seule tout en étant tellement surchargée. La solitude du mental, les deux bras plein. Et puis allez, on chasse ce moment de cafard en se roulant par terre avec une pluie de bisoux. Parce qu’ils sont et seront tjrs les plus belles choses au monde!!!

  6. Ha! Juste vous lire et j’ai déjà peur à mes trois semaines de monoparentalité qui arrivent bientôt. Trois grosses semaines du mois de novembre où grisaille, froid et pluie me diront que partir au parc une ou deux heures n’est plus une option! Et où mon seul social sera le travail… Ouff, je l’adore, mais à deux, ça laisse un petit moment pour recharger les batteries!

    • Oui, le travail d’équipe, ça allège la parentalité ;)
      Ça va bien aller…mais après ce trois semaines, prends un peu de temps pour toi, d’ac? (Regarde qui c’qui parle!)
      Je suis en train d’apprendre ça ;)

  7. emilie gauthier dit

    Texte très touchant :). La vie est un vrai tourbillon. Nous sommes tellement mal faites les femmes. On en prend trop sur nos épaules. Nos enfants en valent la peine mais pas à n’importe quel prix. Gardons un moment pour nous.

    • Je suis tombée par hasard sur ce billet, et je veux juste dire que je me reconnais, même si mes circonstances sont probablement plus faciles à gérer que les tiennes… J’arrive souvent au bout de mes options : je trouve que mes limites se pointent vite le bout du nez! C’est dans ce temps-là que j’essaie de me dire  » Gogogo je lâche pas, je continue de 1- faire ce que je peux pour ma famille, 2- être indulgente envers moi-même et 3- me réserver des moments pour souffler

  8. Carolyne dit

    Quel beau texte juste et vrai. Je pourrais t’écrire mille et une raisons de ne pas te décourager, mais je ne le ferai pas. Pourquoi? Tout simplement parce que la vie de famille parfaite n’existe pas. Il y aura toujours des journées ou semaines difficiles où l’herbe nous paraîtra plus verte chez le voisin. C’est normal. On a toujours l’impression de ne pas en faire assez pour nos enfants, de ne pas se sentir essoufflée en fin de journée, etc. Mais dans le fond de notre cœur, nous sommes fières d’être la maman de nos cocos. Les miens ont maintenant 11 et 13 ans et même s’ils me tombent sur les nerfs plus souvent qu’autrement et que mon grand ayant un TSA me siphonnent mon énergie, je ne les échangerais pour rien du monde. Et quand mon homme part quelques jours pour le travail, j’essaie d’être plus calme, plus zen tout en sachant que leur père leur manque. Ils font de moi une meilleure personne tout simplement.

  9. Ouf, je me reconnais dans ce texte! Mon mari a fait un retour à l’école à temps plein quand notre fille avait deux ans, je travaillais à temps plein dans un emploi exigeant et lui travaillait le dimanche pour se garder une petite indépendance financière… Disons que c’était difficile pour moi de recharger mes batteries avec le samedi pour seule journée en commun. Deux ans plus tard, les études terminées pour lui, moi en congé de maternité pour notre deuxième enfant, il a trouvé un emploi à temps plein dans son nouveau domaine en conservant sa journée du dimanche dans son ancien domaine (au cas où)… À bout de souffle avec notre fils qui ne fait pas ses nuits et notre grande qui a été malade (vive la garderie!), j’ai réclamé deux jours de congé en famille, en larmes (et avec un peu de rage je l’avoue)! Avec plusieurs mois d’attente, un peu plus de fatigue et moins de patience, ça deviendra réalité la semaine prochaine, enfin, juste d’y penser ça me fait sourire! Je me sens plus zen déjà mais avouons que les femmes sont bonnes pour s’oublier, se culpabiliser de ne pas en faire assez (Faire le souper ou bricoler avec la plus grande? Aller dehors avec les enfants ou faire ménage et lavage? Stimuler bébé ou envier la vie des autres sur Facebook?) Je rêve d’avoir quelques heures à moi, juste à moi, à chaque semaine, on verra si c’est possible…

    • Merci Marie-Pier!
      Je vais être 100 % honnête, j’avais très peur de publier ce billet. Je pensais justement qu’on ne serait pas si nombreuses et que je me ferais juger. (Ah, la peur du jugement!!)
      On n’est jamais seules à vivre nos trucs, nos angoisses parentales, j’en ai une fois de plus la confirmation ;)

  10. Nadia dit

    Ma vie ressemble tellement à ça; jour après jour (ah les joies d’être maman à la maison). Constater que la maternité n’est pas comme les pages de Milk…que la belle chaise mamas and papas, ben bébé y l’aime pas et que c’est dans tes bras qu’il passe les interminables nuits de poussées dentaires… que ton grand de 2 ans, au final, mange toujours les 4 ou 5 mêmes légumes et réclame des brownies au déjeuner, à la collation, au dîner… qu’au lieu d’avoir l’air zen, tu angoisses sur le nombre de mots que ton enfant dit – est-il dans la norme, devrais-je voir un orthophoniste comme le réclame sa grand-mère même si le pédiatre ne voit pas de problème – … Et surtout, prendre des photos des beaux moments. En bout de ligne, quand je regarde notre album familial, notre vie est aussi belle que Naomi de Love Taza ou Johanna de Cup of Jo, les vêtements griffés en moins.

  11. Julie dit

    Ah!!!! juste un énorme merci pour ce texte, je ne suis pas seule. Ton blog me fait un bien fou.

  12. Priscilla dit

    C’est exactement de ce texte que j’avais besoin aujourd’hui. Merci de me faire sentir comme une maman normale. :)

  13. C’est drôle, car lorsque je lis ton texte, c’est ce qui se passe chez nous! Stephane travail de soir, donc il passe pratiquement toute la journée avec nous … Mais de 16h à 21h, je suis seule avec ma fille, à gérer les crises, les ma-maman, les nananon, les crayons dans la bouche, les dessins sur les murs (vive l’effaceur magique), le ménage, les corvées, le bain, le dodo… Etc. Tu n’es pas seule, prochain samedi vient le passer chez nous café, vin name it, les enfants s’amuseront ensemble ;)

  14. maya dit

    On vit tous et toutes (et oui, car des fois c’est papa qui vit cette solitude et lourdeur ;) ) ce stress qui nous fait croire un moment ou un autre que nous n’avons pas les compétences requises pour ce « travail ». Que toutes les autres mamans sont « plusss » meilleures que nous. Comment font elles pour arriver à concillier travail, menage, bébé sans avoir trop de cernes sous les yeux??? On a l’impression que nous sommes les seules tout croche. Mais petit train va loin, un pas à la fois on passe à travers la petite enfance, la grande étape du primaire avec toutes ses adaptations et on se réveille un matin, une grande au secondaire qui selon nos dire et nos pensées est beaucoup trop petites pour être rendue là, mais qui du haut de ses 12 ans nous donne un coup de main avec les lunchs,avec la plus petites qui veut faire sa couette. ET le soir , contre toute attentes, dans notre solitude paisible qui vient apres l’heure du dodo des plus petits, il y a une grande fille qui vient nous rejoindre et nous raconte ses joies, ses craintes et ses fiertés. C’est à se moment précis qu’on se rend compte que nous avons été une bonne maman ou un bon papa. Que tout ces moments ou nous ne pensions jamais arriver à nos fins, ont servi finalement à faire grandir ces petits trésors afin de bien les guider dans cette vie qui est quelques fois sans dessus dessous…

  15. Sarah dit

    Des journées comme celle que tu nous racontes, on en vit toutes au fond et c’est tellement rassurant de le constater. Merci pour ce beau texte!

  16. Marie-Andrée dit

    Oh… Quel texte! Tes mots me touchent tellement et je pense que tu n’as pas idée à quel point ce sentiment est partagé.

    C’est certain qu’on ne se sens pas très hot quand on admet que la maternité est difficile à ceux qui nous croient en « congé ». Mais pour toute les mamans qui se sentent seules, ça fait un bien fou de l’entendre. Avec des jeunes enfants, on ne prend pas souvent de recul par rapport à tout ce qu’on vit, on est dedans, entièrement, souvent submergée et on réagit du mieux qu’on peux. C’est difficile de comprendre à quel point la maternité nous fait vivre des montagnes russes avec des « peaks » de bonheur incroyables, mais aussi des descentes où rien ne va plus, où l’on perd le conrôle et qu’on ne se reconnaît plus! Et c’est lourd! Un mélange de routine qui n’arrête jamais et de situations nouvelles qu’on doit gérées, auxquelles on doit s’adapter. Tout ça en gardant notre voix calme et réconfortante et en s’assurant que nos enfants mangent de façon équilibrée à chacun des repas.Ajoute les quelques moments où tu vois des amis sans avoir l’impression de pouvoir leurs parler ou les écouter plus que trois secondes en ligne, puis le chum qui préfère se réfugier dans le travaille parce que, finalement, il freak un peu lui aussi… Ça donne un mélange vraiment très particulier pour lequel on n’est jamais préparé.

    Courage, avec le temps, les enfants deviennent plus autonomes et on récolte ce que l’on a semé, on développe une relation qui dépasse celle de pourvoyeur et on passe d’être seule et de se sentir isolée, à se retrouver, avoir plus de temps pour soi et pour les autres tout en étant bien entourée dans notre petit cocon familial!

    Bref, tu n’es pas seule et ça va passer (tout passe… même si certaines journées ressemblent à des semaines) ;)

    • Ayayaye, ça me fait un bien fou de lire ça. « Avec des jeunes enfants, on ne prend pas souvent de recul par rapport à tout ce qu’on vit, on est dedans, entièrement, souvent submergée et on réagit du mieux qu’on peux. » C’est si vrai, si brillant. On fait ce qu’on peut, tout le temps. Pis des fois, c’est rough, pis des fois, c’est magnifique, souvent à quelques heures d’intervalle.
      Merci de faire avancer ma réflexion xox

  17. Aude dit

    On fait des enfants pour bâtir une famille. Ce petit être parti de rien et qui est à la fois nous et une personne autre…avec sa propre volonté et qui compte bien le faire savoir !

    Tout le monde sait que les 1ères années sont dures, que c’est une épreuve pour tous les parents.

    Les exigences sociales font que c’est un défi de taille : emplois, trajets, activités, boîtes à lunch, ménage, épicerie, lessives… Oui habiller ses enfants et se préparer à sortir est un défi en soi.

    La vie met en exergue le bonheur à l’aide de crises mémorables que nous surmontons tant bien que mal, de manière à ce qu’on ne s’y trompe pas quand on le voit.

    Quand on est monoparentale parce qu’on est séparée ou parce que le conjoint a un travail qui l’emmène loin et longtemps, c’est l’épreuve des nerfs…quasiment tout le temps.

    La responsabilité, la nécessité de ne pas faillir à son devoir de parent laisse ses marques dans notre chair, notre peau et notre moral. Pas besoin de mots pour expliquer à mes enfants que maman en a beaucoup dans l’assiette.

    • Salut Aude,
      Tes mots, je vais les conserver longtemps dans ma tête.
      Tous en fait, mais « surtout » ceux-ci : « La responsabilité, la nécessité de ne pas faillir à son devoir de parent laisse ses marques dans notre chair, notre peau et notre moral. » Je suis chamboulée. Je me sens souvent comme ça, mais je n’aurais jamais réussi à le nommer, je crois bien.
      Merci vraiment beaucoup!
      xox

  18. une femme libre dit

    Je me demande si c’est si sain et normal de passer toutes ses journées sans contacts avec d’autres adultes. Beaucoup de mères à la maison font des dépressions. Pouvoir socialiser, se confier, se faire materner un peu aussi quand on donne sans compter et sans salaire, ce n’est pas du luxe! Et en plus, les enfants élevés à la maison ne se débrouillent pas nécessairement mieux que ceux qui vont en garderie, selon toutes les recherches et statistiques. Même que les enfants de mères qui travaillent ont de meilleurs résultats scolaires. Évidemment, il n’y en a pas de situation idéale et une maman au travail a aussi des journées difficiles! Et puis si on a un travail plate et pas stimulant, c’est pas mieux non plus. Pas simple tout ça.

  19. Karine dit

    J’ai seulement une fille de 2 ans, un enfant, pas deux, pas trois…Et pourtant le poids des responsabilités et de la routine est souvent très lourd. En lisant tes lignes (avec mon chum) ont a realisé qu’on est pas seul et que c’est normal de se sentir dépassé…d’avoir envie de dire, Ok je pars! Un mois de congé sans enfant!!! Aaaawwwwwww…Mais comment ce fait t-il qu’apres seulement 2 minutes de pure bonheur avec mon enfant, ca me donne l’énergie pour surmonter des montagnes??? Merci Odile de nous permettre d’en rire ;)

  20. Stéphanie dit

    Très touchée par ton texte….le paradoxe de la maternité, les plus beaux moments mais les plus durs aussi …..j’ai deux enfants en bas âge, j’attends mon petit 3ème et Dieu sait que parfois je commence la journée déjà épuisée….et qu’elle est douce à mon esprit la seule pensée d’avoir un moment pour moi : sans parler, répéter, expliquer, justifier, aider, essuyer ….bref juste une personne à laquelle penser : moi.

    Ce qui était d’une banalité folle avant d’être maman, devient à présent un vrai luxe, si convoité et en pratique parfois tellement dur à réaliser….mais les rares fois où je dispose d’un petit moment pour moi, que j’aime tellement retrouver les amours de ma vie qui m’accueillent à coups de bisous et de larges sourires…..

    Ici aussi beaucoup de moments passés seule, emploi et formation de mon mari obligent….mais tout ça aussi pour nos enfants, pour l’avenir….courage, courage tu n’es pas seule et tu décris parfaitement ce que tellement de mamans ressentent sans oser le dire, malheureusement par peur du jugement…

    Quant à savoir si il est sain ou non de passer ses journées à la maison avec ses enfants, par rapport à l’un des commentaires, je ne crois pas que la vraie question se trouve là…..chaque famille fait comme elle veut, peut et finalement mamans au travail, mamans à la maison, ce qui nous rassemble, justement, c’est que nous sommes des mamans et que cette réalité, avec ses doutes, ses angoisses et tout ce qui va avec, est la même pour toutes.

    • Ah la peur du jugement! Oui, elle est présente…on a peur de se faire dire « Hey, de quoi elle se plaint », hein? Et je pense que c’est pour ça, justement, qu’il faut en parler! Même si c’est tough, ça ouvre la discussion, pour de vrai ;)

      Merci pour ton mot, et je te souhaite une belle fin de grossesse pour ce 3e coco! xx

  21. Paule TB dit

    Wow.. merci. J’avais besoin de lire ça ce matin. Mon chum a enligné, gastro (qu’on avait eu avant lui ma puce de 8mo et moi), labyrinthite, et indigestion.. en gros ça fait 3 semaines que je me sens monoparentale. Deux sorties de fds seule hors de la ville, les soirées et les nuits sans aide vraiment… ajoutons pour le plaisir une poussée dentaire accompagnée de je-ne-dormirai-plus-la-nuit-sauf-dans-tes-bras-pis-assis-toi-pas. Disons que j’étais un zombie pour l’halloween. Mais tsé… après à peine une bonne nuit de sommeil? Tout est oublié, j’aime encore et toujours m’occuper de ma puce.. même si des fois jme sens fatiguée.. tu as tellement raison, le fait de savoir que je suis forte et capable de m’en occuper seule me rend si fière. Si bien dans ma peau de maman. Tu me donnes courage pour les mois et années qui s’en viennent!!

  22. Pingback: Joies, défis, voeux et regards en arrière | Maman a un plan

  23. Cynthia dit

    Ouin. C’est quand je lis ce genre de texte que je me dis : « my god, je ferais comment avec un deuxième enfant? » Je suis déjà si fatiguée juste avec un bébé..
    .

  24. Hélène dit

    Je suis tombée sur ce texte par hasard. Très beau. Et ça décrit bien ces journées…

  25. Ariane dit

    Ton texte m’a fait brailler. Encore. Même si je l’avais lu quand il est paru. Tout ça est très vrai, c’est lourd et si beau en même temps. Il y a comme une grande ambivalence dans la maternité, dans la polarité des sentiments qui prennent à la gorge. Des moments parfaits et des moments où tout est si lourd qu’on aurait envie de se faire bercer à notre tour. C’est ce qui en fait, je crois, une expérience aussi puissante.

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