Être parent, Maternité
Écrire un commentaire

La bravoure

Et puis, comment ça va, vous autres? Moi, ça va pas pire. J’en peux pu de la chaleur, du travail, et tout, mais mes vacances commencent dimanche et j’ai la ferme intention d’aller me ressourcer en laissant les vagues frettes du Maine me fouetter en plein visage.

En plus, j’ai des amies cheerleaders qui me couvrent d’encouragements pour m’aider à affronter ces dernières journées où je tords la serviette en maudit pour faire sortir les petites gouttes de motivation qu’il me reste de cachées quelque part. Merci, les filles!

Tout ça pour dire que je n’ai pas vraiment le temps de bloguer aujourd’hui, mais que j’ai vu passer quelque chose qui m’a tellement rentré dedans ce matin, que je ne pouvais juste pas, ne pas en parler ici. Blogueuse un jour, blogueuse toujours, qu’y disent. (Ben non, je niaise, parsonne dit ça.)

Une image puissante.

La photo qui m’a renversée ce matin est celle de la photographe Helen Carmina.

10344274_937406276320540_8610402734201184455_o

I photographed this mama’s pregnancy a while back and she was telling me how terrified she was of having a c-section. Well last week she went into labor but had to have an emergency c-section after complications. She asked me to come over this morning and shoot this particular image as her worst nightmare proved to be what saved her and her child’s lives.

Traduction bien libre : « J’ai pris des photos de cette maman il y a quelque temps et elle me disait à quel point elle était terrifiée à l’idée d’accoucher par césarienne. Eh bien, la semaine dernière, elle a dû subir une césarienne d’urgence à cause de complications pendant le travail. Elle m’a demandé d’aller chez elle ce matin et de photographier cette image, celle de son pire cauchemar qui, en fait, lui a sauvé la vie et celle de son enfant. »

Un tout petit bébé. Des cuisses de maman. Un ventre. Et une cicatrice. Cette photo m’a remuée comme il serait difficile de vous le décrire. Je vais pourtant essayer.

Mes cicatrices.

J’ai eu Henri par voie naturelle en janvier 2011. J’ai eu Martha par césarienne planifiée d’urgence en mars 2013. J’ai beaucoup souffert de ce 2 accouchement : physiquement et psychologiquement.

Ma fameuse cicatrice, c’est ce qu’il me reste comme preuve tangible de cette épreuve. J’en avais d’ailleurs glissé un tout-petit-mini mot dans mon billet sur le bikini post-maternité.

À bien y penser, ma phrase dans ce billet était mal formulée : « Il y a aussi la cicatrice de la césarienne. Juste y penser, je me sens faiblir. La regarder, ça me donne un haut-le-coeur. » Plusieurs ont pensé que c’était parce que je la trouvais laide, mais ce n’était pas le sens que j’avais dans ma tête en écrivant. Quand je dis « haut-le-cœur », ce n’est pas par dégoût. Non, c’est une vraie de vraie faiblesse, causée par la mémoire du corps. Celle qui se rappelle à quel point j’ai souffert, pendant et après l’opération. Celle qui me revient, et qui me fait encore mal, quand je regarde ma cicatrice.

Donc, de voir toute la puissance de cette image d’Helen Carmina, celle d’une cicatrice de césarienne si fraîche et si assumée (en plus de voir le magnifique bébé tout à côté), ça m’a fait réfléchir. Plus que ça, c’est comme s’il y avait quelque chose en moi qui s’était réconcilié. En fait, je me suis mis à penser à ma fille.

À me dire qu’il n’y a pas que la souffrance qui était passée par ma cicatrice, elle aussi. Que cette marque, sur moi, du début de nos vies ensemble, je n’ai plus envie qu’elle me fasse souffrir ou pleurer. J’ai envie de la toucher et de me sentir forte, puissante, en vie, esti.

Ça m’a aussi donné envie de nous rappeler, à nous toutes, mamans qui portons de petites ou de grandes blessures d’une césarienne, que nous ne sommes pas « moins bonnes » ou pas « moins mères » parce que notre bébé n’est pas sorti par notre vagin. Non, nous sommes braves.

Braves de passer à travers une chirurgie majeure, de s’en remettre tout en s’occupant d’un bébé naissant, et parfois même assez braves pour se relancer dans l’aventure et avoir d’autres enfants. Ce ne sera pas mon cas. Ma bravoure ne se rend pas jusque-là, pas encore. Et j’en fais le deuil, un peu plus chaque jour.

À vous toutes, amour!

1 commentaire

  1. Sara dit

    Excellente traduction! :) Et le billet… La photo m’avait beaucoup émue, mais le billet, il touche mon coeur de façon tellement directe et douce en même temps… Merci pour ce magnifique témoignage! Il est super puissant…

  2. Véronique dit

    La mienne, ma cicatrice de césarienne, je ne suis toujours pas capable d’y toucher…

  3. Melanie dit

    Pour ma part, c’est la cicatrice d’un accouchement vaginal qui m’a fait souffrir (et me fait encore souffrir 5 ans plus tard – déchirure au 4e degré) que mes deux accouchements par césarienne (planifiée et j’ai insisté pour ce type d’accouchement). L’important, c’est d’avoir un bébé en santé et après quelques mois, la cicatrice est presque invisible… je la frotte souvent avec de l’huile d’émeu pour qu’elle ne devient pas dure… Peu importe comment bébé est venu au monde, l’important, c’est qu’il soit là… et lui, ne sait pas par quel mode de sortie il a pris !!! Il faut regarder la merveille qui est devant vos yeux !

  4. Nathalie B dit

    Un bébé un vitro , préclampsie a 32 semaines, césarienne d’urgence. Ma fille est en vie et moi aussi. Malgré toutes les peines, toutes les douleurs, je referais le même trajet pour obtenir ce magnifique trésor . Mais oui la cicatrice rappelle des souvenirs et pourtant ce que je retire de tout cela c’est Profite de la vie et apprend-le à ta fille!

  5. j’ai eue 4 césariennes et un accouchement naturel dû à la grande prématurité de ma fille et moi j’ai de beaucoup préféré mes césariennes , ca fait pas si mal et la cicatrice est basse et ne parait presque plus après quelques années …j’ai remercier le ciel que mes enfants naissent normaux et sans séquelles grâce à cette coupure et en plus ca m’a sauver la vie à moi aussi…alors moi je dis vive les césariennes …..

  6. Vanessa dit

    Bravo Odile pour ce beau mot!!! Je suis tout à fait en accord avec toi, pour avoir moi-même vécue deux césariennes!!! Il faut en être fier !!!
    Van alias Mousseline
    Xxxx

  7. Marie Noelle dit

    « À me dire qu’il n’y a pas que la souffrance qui était passée par ma cicatrice, elle aussi. » En effet… très touchant comme texte et la photo est vraiment intense.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *