Être parent
Écrire un commentaire

J’aime pas jouer, la suite

Je veux vous remercier d’avoir lu mon billet de septembre dernier où je vous avouais que je n’aimais pas tellement ça, jouer.

Ç’a touché une corde sensible, je m’en rends bien compte à postériori : 27 000 personnes sont venues lire ce billet. En plus, la majorité de vos commentaires (sauf un, ha!) et de vos réflexions sur le blogue et les réseaux sociaux tournaient autour de : « je me sens moins seule », et/ou « je me sens moins coupable tout à coup ». Et vous savez ce que ç’a fait chez moi? Je vous le donne en mille : je me suis sentie moins seule et, surtout, moins coupable.

Toute cette solidarité entre parents autour de ce sujet m’a beaucoup fait réfléchir à cette énorme pression parentale que nous nous mettons, la perfection que nous voudrions tellement atteindre. Mais qui décide de ce que c’est, la perfection justement?

Coupable, vraiment?

Il aura fallu que j’écrive un texte sur internet pour me rendre compte que c’était complètement ridicule que je me sente coupable de vouloir faire la cuisine ou le lavage au lieu de jouer à des jeux d’enfants. La culpabilité, c’est l’émotion qu’on ressent quand on fait quelque chose de mal. Avoir envie de faire les tâches ménagères ou avoir envie d’avoir du temps pour soi, ce n’est pas quelque chose de mal. Impossible, donc, de se sentir « coupable ». Je l’écris avec un sourire en coin, car en me lisant, je vois à quel point c’était une évidence.

Maintenant.

Depuis, voici ce qui a changé dans ma vie:

  • Quand j’ai des choses à faire, je les fais. Sans culpabilité, car ce n’est pas « mal ».
  • Quand j’ai besoin de temps pour moi, je le prends. Sans culpabilité, pour la même raison.

Ce qui fait que, lorsque j’ai du temps pour jouer avec mes enfants… j’ai du plaisir (et du vrai!) parce que je ne suis plus tiraillée entre douze émotions contradictoires et une sale anxiété de performance. Je suis là, toute là, et je suis bien.

Et les enfants?

Sont-ils en train de pleurer toutes les larmes de leurs corps parce que je ne suis pas en train de jouer aux voitures Pas du tout. Les deux-trois premiers jours ont été plus difficiles : ils devaient s’habituer à ce que leur mère « refuse » de jouer avec eux. Après, c’est comme si ç’a avait toujours été comme ça. Et ils avaient encore bien plus de plaisir quand on jouait vraiment ensemble que lorsque je jouais un peu tout le temps, mais sans réel plaisir parce que j’étais préoccupée. Et je pense honnêtement que leur impression de liberté est plus grande aussi quand ils jouent seuls pendant que je plie du linge, par exemple. Au lieu de constamment me demander de venir les rejoindre, ils entrent complètement dans leur jeu, dans leur imaginaire… et je trouve ça vraiment beau à observer.

De juste assez loin, t’sé.

 

Crédit photo : Véronique Brisson

1 commentaire

  1. Je me demandais l’autre jour à qui je disais que j’étais pas bonne pour jouer avec ma fille aînée et bien c’est d’ici que ça sort (en fait je me suis dit que j’étais pas seule, haha! P.S. Désolé d’avoir l’air perdu mais j’ai une cocotte de 2 mois que j’allaite, je pense que toute mon intelligence passe dans mon lait et j’ai dû lire ton billet en pleine nuit…)
    Ma Chacha nous demande jamais vraiment d’aller jouer avec elle… Elle joue avec ses jouets et s’invente paquets d’histoires, mais quand on joue avec elle pour de vrai en s’investissant au complet c’est le summum et on a tellement de plaisir! J’essaie quand même de le faire le plus souvent possible mais pas tout le temps! Ils sont tellement stimulés à la garderie que je crois que c’est super pour eux d’apprendre à jouer seul et à développer leur imaginaire!
    Sur ce je dois aller donner de l’intelligence à la plus jeune ;)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *