Être parent, Maternité, Réflexions
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Je suis jalouse, je pense

Je pourrais continuer d’être politiquement correcte et d’appeler ça de l’admiration. Mais j’aurais un peu peur de commencer à me mentir à moi-même.

C’est qu’autour de moi, ces temps-ci, des tas d’amies et de connaissances se fabriquent le p’tit 3e, le p’tit dernier, le benjamin.

Qu’on me comprenne bien, je les admire, celles qui le font. Mais, je crois que mon sentiment a évolué au-delà du respect. Parce que ça me confronte. Parce que ça me fait réaliser que moi aussi, je voudrais ça, mais que je ne peux pas.

Je ne suis pas jalouse de leur 3e bébé, je ne me peux plus d’être heureuse pour elles et pour leur famille respective qui s’agrandit. Mais je suis jalouse de leur force.

À un moment, j’ai cru que j’étais jalouse de leur situation, pour ensuite réaliser que ce n’est pas ça du tout. Je l’aime, ma vie. Vraiment beaucoup. Quel privilège, quand même. Non, je ne jalouse pas la situation des autres. Je ne jalouse pas le bonheur ou le matériel.

Je n’en suis pas fière, mais je jalouse les corps et les têtes qui n’ont pas peur de revivre une grossesse, une fausse couche, un accouchement, une césarienne, une convalescence, un n’importe quoi qui peut ben arriver. Je suis jalouse parce que moi, j’ai peur. Je ne « veux » pas de 3e enfant, car j’ai peur d’être enceinte à nouveau, j’ai peur de devoir revivre un accouchement. J’ai peur de ne pas pouvoir allaiter comme je l’aimerais, enfin, cette fois. J’ai peur de la fatigue qui me semble insurmontable, des nuits blanches, des bobos, des couches pendant trois ans.

Mais peut-être qu’elles aussi, elles ont un peu peur. Alors, elles sont bien courageuses de plonger quand même. C’est peut-être de ça que je suis jalouse finalement, de leur courage.

Je n’en « veux » pas de 3e bébé. Mais j’en veux un, t’sais.

1 commentaire

  1. J’adore la sincérité de ton article. Flipper c’est humain. Et pour certaines femmes je pense qu’elles ont une chimie qui les aident à passer le cap. On n’est pas toutes égales ;-)

  2. Caroline dit

    Wow ! Je me reconnais tellement dans tes propos. Je suis enceinte de 11 semaines de ce petit troisième….un accident et j’ai tellement la chienne pas de l’accouchement mais des nuits blanches, de la fatigue extrême, des bobos…ouf juste y penser et j’ai peur.

  3. Emilie dit

    Très beau billet.J’accouche chez les sage-femmes et à chaque fois, j’ai peur et je pense que je vais mourir tellement ça fait mal et tout ! Je me dis, quelle idée de continuer à avoir des enfants. Jusqu’au 4e bébé où enfin c’est moi qui avait le contrôle de mon accouchement ! Maintenant, la peur qui me ronge, c’est de penser que c’est peut-être le dernier bébé.

  4. Je suis comme toi! Je n’ai pas peur de l’accouchement (bizarrement) mais de la grossesse et ses nausées interminables, oui et surtout de gérer un autre enfant. Deux, c’est déjà tellement prenant! Et comme nos familles se trouvent à 5,000 km, ça n’aide pas. Je me dis que si on avait de la famille ici, on en aurait eu un 3e mais peut-être même pas…

  5. Geneviève Benoit dit

    Oh! Que je me reconnais. La sainte peur que mon mental ne supporte pas l’arrivée de ce p’tit 3e. Les deux autres sont rendus des « grands » . Pu de couches, des discussions et des activités familiales, on ne s’empêche plus de grand chose et les faire garder, c’est devenu facile. En plus, des moments pour soi qui se présentaient de plus en plus… Ben non! Fallait que l’envie de la maternité me reprenne et me fasse, moi aussi, rendre jalouse des autres qui attendent ce petit. Maintenant que tout le processus est enclenché (24 semaines de 3e grossesse) plus de doute, j’ai si hâte maintenant… Mais si peur à la fois.

  6. Catherine dit

    Je te comprends. C’est un questionnement qui est difficile. Pour ma part, la troisième grossesse a été une décision tellement plus rationnelle que la première. Au premier bébé, ça part des tripes et du coeur. La deuxième va de soi parce qu’on veut une « famille ». Mais je n’avais pas le sentiment de complétude. J’avais toutefois la chienne de retomber enceinte, de tout revivre le chamboulement hormonal. De penser à l’aspect matériel (chambre, voiture…) On a tergiversé longtemps puis à un moment c’était now or never et on a plongé. Aujourd’hui notre Kiki aura 6 ans en avril alors que sa grande soeur en aura 10 et son frère 12. Avec elle, j’ai reconnu le sentiment de famille complète. Quand c’est clair, c’est clair… C’est une bien belle famille 3 enfants, mais c’est vraiment beaucoup d’ouvrage: gérer 3 agendas en plus du nôtre, on passe à un niveau supérieur en ingénierie domestique… Bonne réflexion.
    PS: Odile, es-tu native de Mont-Laurier?

  7. Vivianne dit

    Avoir mon quatrième ne m’a demandé du courage, il est arriver comme ton dernier est arrivé. Est-ce que je suis plus forte que les autres mamans? Je ne pense pas. Ma limite est seulement différente.

    J’ai souvent répété à une connaissance que je l’admirais de se connaître aussi bien et d’accepter ses limites. Elle a une fille et se dénigrait souvent face à moi, vu mes trois cocos (à l’époque). Moi j’ai toujours admirer sa force, son assurance dans ses décisions.

    Je n’aurai pas de cinquième et c’est très clair! Je suis l’aînée d’une famille de 9 enfants et j’avais l’impression d’avoir une maison vide avec 3… Mais souvent, je trouves ça intense en titi. Le dernier a 4 ans de différence avec la 3ème. Les autres ont entre 18 et 22 mois d’écart entre eux, j’ai de la difficulté à bien géré cette nouvelle différence d’âge. Je trouves ça difficile les nuits blanches, les couches, avoir du temps pour tout le monde, géré les activités multi-âges, la pré-adolescence, la curiosité d’un bambin de 18 mois, alouette!

    Alors j’ai hâte d’être tante!!! Moi aussi je veux un bébé, celui des autres!

    Merci Odile :)

  8. Pingback: Trois | Maman a un plan

  9. Anonymus dit

    Ouf, ça me brasse cet article! On est encore sur la frontière pour ou contre un 3e. Ça ressemble plus à non, mais… je reconnais mes peurs dans ce texte et je me demande si je dois avoir le courage de me lancer, ou rester dans le clan « Dans le fond, on est déjà heureux, c’est parfait ». Aucune décision me semble vraiment la bonne – car aucune n’est mauvaise, non plus – , c’est l’incertitude la plus totale! À l’aiiiide!

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