Défi 6 mois sans achat
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Défi 6 mois sans achat: LA FIN

Je n’en reviens comme pas. J’ai tenu le coup jusqu’au bout.

En date du 1er juillet 2016, je terminais mon Défi 6 mois sans achat. Je ne l’ai pas réussi parfaitement, mais je l’ai relevé du mieux que je pouvais. Et c’est précisément pour cette raison que j’en suis fière. Au final, l’aventure a été suffisamment difficile pour que j’apprenne des choses sur ma façon de consommer. Tant mieux, c’était l’objectif visé, YÉ! Mais par la bande, j’ai aussi appris plusieurs choses sur moi. T’sais, quand défi de consommation rime avec introspection… #lavraieretailtherapy

Voici donc quelques leçons que j’ai tirées de ce défi.

Leçon numéro un: S’allouer assez de temps pour changer ses habitudes.

Je suis convaincue que six mois, ce n’était pas exagéré, mais nécessaire. D’ailleurs, je suis tombée sur ce chouette article qui explique de façon scientifique ce qui nous fait prendre de nouvelles habitudes pour de bon: « La vérité c’est qu’il vous faudra probablement entre deux et huit mois pour développer un nouveau comportement dans votre vie – pas 21 jours. »

Deux semaines après la fin de mon défi, je remarque que j’ai plus envie de continuer sur ma lancée que de « rattraper le temps perdu » en faisant des achats simplement parce que suis maintenant autorisée à en faire. Je continue de convoiter beaucoup de choses, mais je ressens moins le besoin de les posséder. Je peux les apprécier sans qu’elles ne m’appartiennent. Ce recul me permet de mieux distinguer si un achat en vaut la peine ou pas. Pis câline, j’ai pris goût à avoir un peu plus d’argent dans mes poches.

Leçon numéro deux: Ne pas se taper sur la tête si on triche un peu.

Sérieusement. Faut être bienveillant avec soi quand on se lance de grands défis, quels qu’ils soient. Et je pense que si je m’en tire un changement d’habitude bien concret, c’est parce que j’ai triché. La science me donne raison d’ailleurs raison: « Rater une occasion de pratiquer le comportement n’affecte pas sensiblement le processus de formation d’habitude ». (…) Prendre de meilleures habitudes ne fonctionne pas sur la base du « tout ou rien ». » QUIN TOÉ!

Disons-le, ne rien acheter pour soi pendant six mois, ça peut se faire. Mais rien du tout pour des enfants qui grandissent à toute vitesse et qui usent leurs affaires aussi rapidement, c’est moins réaliste.

Au final, j’aurai acheté: un livre, une paire de bottes de pluie pour Alice, des sous-vêtements pour Jonathan, des souliers de course pour Léonie, une chemise pour moi, un nouveau case pour mon cellulaire, deux plantes, des sandales pour les enfants, des bas à Alice et comme je le présageais, deux robes et un t-shirt plus adaptés à ma nouvelle silhouette.

J’ai aussi utilisé des points de ma carte de crédit en échange de cartes-cadeaux dans une librairie. Je n’étais pas toujours game de fabriquer des cadeaux pour les fêtes d’amis. Et j’avais pas toujours le temps non plus… Un lifestyle sans achat est difficile à concilier avec avec un agenda surchargé.

Leçon numéro trois: Partir, si c’est pour mieux revenir.

Cet hiver, j’expliquais vouloir « me défaire d’une drôle d’habitude de surconsommation, celle de perdre tout jugement devant des soldes et dans les friperies. » Au fil des mois, en évitant de me rendre dans mes lieux de perdition habituels (LOL), je me suis tranquillement sevrée du buzz quasi hebdomadaire que j’avais devant des racks de stuff pas cher.

Je suis contente parce que je sens que j’ai atteint cet objectif. Je retournerai donc chez Renaissance pour les raisons de base, celles qui m’ont fait entrer dans le magasin en premier lieu: me procurer des items usagés qui conviennent autant à mon budget qu’à mes valeurs écologiques (et être très divertie quand je tombe sur des tricots des années 80-90). C’est pour ça que j’vais là! Tant mieux si je lévite de satisfaction en ressortant de là avec mes achats pas chers. Ce sera un bonus, pas le but de la visite.

Leçon numéro quatre: Se poser les bonnes questions permet d’avoir des révélations.

Au cours du dernier mois du défi, j’ai enfin réalisé pourquoi j’accumulais autant. J’ai compris que je définissais mes besoins et ceux de ma famille selon ce paradigme: avoir du choix, chez moi. Je croyais qu’avoir beaucoup de diversité à portée de main, que ce soit dans les vêtements, les livres, le matériel d’art, les jeux ou la déco, me permettaient d’être plus créative, d’essayer plein d’agencements, de ne pas me tanner…

Meeeeeh, pas tant finalement.

Ça me permettait surtout de me poser b’en trop de questions avant de décider quoi que ce soit, donc de mettre plus de temps et d’énergie que nécessaire à faire des choix qui n’en méritaient pas tant. En plus, j’ai remarqué que je remettais constamment en question mes choix, en me demandant si j’avais fait les meilleurs.

Il y a un nom pour ce phénomène qui paralyse et nous rend insatisfait malgré toutes les possibilités qui s’offre à nous: c’est le paradoxe du choix. J’ai donc réduit l’inventaire familial en faisant un gros ménage et je n’ai pas l’intention de remplacer tout ce qui a été perdu, usé ou brisé au cours des derniers mois. Si je veux être créative pour vrai, je dois avoir des contraintes, pas des choix à p’us finir.

Leçon numéro cinq: Mieux choisir, pour plus de plaisir.

C’est évidemment le corollaire de la leçon précédente. Quand tu ne peux/ne veux rien acheter, tu souhaites que ce que tu as sous la main soit:

  1. À ton goût
  2. Durable
  3. Polyvalent

J’ai donc commencé tranquillement à embrasser le minimalisme et j’aime beaucoup où ça s’en va. J’ai réalisé que je pouvais adopter cette philosophie en restant moi-même, sans devoir me transformer en designer scandinavo-japonaise. J’ai noté ce que nous avons utilisé le plus pendant six mois, ce qui a toffé la run et ce qui n’a pas résisté. Je maitrise de plus en plus le concept de garde-robe capsule: un nombre limité de morceaux par saison qui s’agencent facilement entre eux (j’ai envie de vous faire un autre billet à ce sujet bientôt).

Pendant les vacances, je compte faire le tri des jouets et de l’atelier avec les filles pour revenir à l’essentiel et « agrandir par en-dedans ». À suivre dans un autre billet aussi, je crois bien!

buy less choose well make it last - vivienne westwood - chickpea mag

Source: Chick Pea Magazine. Vous pouvez entendre la grande designer de mode Vivienne Westwood prononcer ces mots dans cette entrevue vidéo.

Je m’enligne donc pour continuer à consommer de façon plus consciente et mettre en application ce que j’ai appris depuis le mois de janvier. Qui l’eut cru? Maintenant que je n’ai plus la pression des règles à respecter, je vois mieux comment je peux intégrer ces principes dans ma vie de façon durable. C’est un bilan au-delà de mes attentes. Je suis vraiment excitée, optimiste et fière de ma shot.

Alors, maintenant que c’est fini, est-ce que je recommande le Défi 6 mois sans achat? Oui, absolument. Faites vos propres règles en fonction de ce que vous voulez en tirer. Et assurez-vous d’avoir assez de sous-vêtements. C’est pas une blague.

J’en profite pour vous remercier pour votre soutien, vos commentaires, vos bonnes idées et vos questions! Merci merci merci! Pour les personnes qui ont terminé leur défi en même temps que moi, d’abord: BRAVOOOOOO! Quel bilan en tirez-vous? Une leçon à ajouter? Un truc à partager?

Sur ce, je vais aller m’acheter une brassière, j’pense.

Pour lire toute la série de billets sur le Défi 6 mois sans achat, c’est ici!

maman a un plan - défi 6 mois sans achat - règles

Photo à la une: Véronique Brisson (avec mes ajouts impertinents, sorry!)

7 commentaires

  1. Bravo Marianne! C’est le fun de lire tous ces constats-là. Je suis là-dedans aussi. Un mini exemple: j’ai 5 bobettes d’Atelier B qui me durent depuis plusieurs années. Plus t’as de linge, plus tu as un tas de linge à laver qui s’accumule. :)
    Chaque objet qui rentre, on y pense.
    #troispersonnes+unchatdans580piedscarrés YAY!!

    • Marianne Prairie dit

      Merci Annick! Et c’est bien vrai, c’est une équation assez révélatrice ;)
      Ça se passe bien dans le Rikiki Palace? Nous on est quatre dans un peu moins de 1000 pieds carrés et parfois, je trouve ça p’tit! HAHAHA!

  2. J’attendais le bilan de ton expérience avec impatience. Je suis très heureuse de lire tes conclusions, et les leçons que tu en retires. Une belle introspection qui profitera à plusieurs, j’en suis certaine. Bravo et merci pour ce partage! :)

    • Marianne Prairie dit

      Un grand merci à toi Lily! J’espère bien que ces leçons pourront inspirer d’autres gens à faire des choix de consommation plus réfléchis! Ce serait mon plus grand souhait!

  3. Vero L. dit

    Je suis tombée sur votre article par hasard il y a quelques mois et ça m’a grandement inspiré. C’est parti pour moi pour 2017! Souhaitez-moi bonne chance mais surtout, bonne réflexion. Jusqu’à présent, je constate déjà à quel point les tentations émanent de toutes parts. J’ai envie de me désabonner au 80000 courriels promotionnels que je reçois à chaque jour de la part de mes commerces favoris. La tentation sera grande mais j’ai bon espoir de réussir.

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