Tous les billets publiés dans: Réflexions

C’est la faute à qui?

C’est peut-être la faute à l’hiver. En ce moment je vois mes amies, des femmes que j’admire, tomber une à une. C’est peut-être la faute à tous les virus qui attaquent leur famille sans relâche. Mes amies, je les vois, les sais, épuisées. Repoussées dans leur dernier retranchement. C’est peut-être la faute au climat social, aux réseaux sociaux, aux nouvelles ou au juste trop de mitaines perdues. Je sais pu. Mais ce que je sais, c’est qu’il faut arrêter de s’oublier pour les autres. Alors, je leur ai écrit ceci. De l’importance du self-care. Nous sommes fatiguées et étourdies par le tourbillon du «je-dois-être-là-partout-et pour-tout-le-monde». Nous nous sentons même coupables de cet épuisement, car, après tout, c’est ce qu’on attend des femmes, des caregiver, des donneuses de soins, que de s’oublier pour les autres. Et parfois, on se sent vidées émotionnellement et physiquement : « Comment je peux aider mes enfants/mes proches si je n’ai plus de réserves? » On compare souvent le self-care à la bienveillance, mais ce n’est pas seulement être bon avec soi que de …

Mère travailleuse : ce que j’ai appris

Dans la vie, je pense ben trop. Je me pose plein de questions. J’analyse toute. Je me rends compte que cette curiosité naturelle fait en sorte que je suis constamment à la recherche de réponses et d’idées nouvelles. Je veux tout savoir, tout comprendre. Ça m’aide à trouver du sens dans ma vie trépidante et mettre des mots sur des situations qui m’échappent. #intellectuellemuch Quand je me suis frottée au challenge de la maternité, j’ai passé mon congé à chercher des blogues de mamans comme moi. Quand j’ai voulu décrypter le mystère de la conciliation travail-famille, je me suis procuré une douzaine de livres sur le sujet. J’ai aussi la chance d’exercer un métier où je rencontre beaucoup de femmes qui se distinguent, qu’elles soient militantes ou gestionnaires dans une grande entreprise. Après toutes ces années, j’ai accumulé un bon bagage de connaissances, notamment sur ce double rôle de mère et de travailleuse. Je dis « bon bagage », mais ça pourrait aussi être « une somme absurde de savoirs sachant le nombre d’heures moyen que je dors par nuit ». C’est pourquoi j’ai …

Ce drôle d’été

Pis Marianne, comment s’est passé ton été? (Oui, je me parle parfois à la troisième personne du singulier. Ça me donne un peu de recul.) Ben, je te dirais que je ne comprends pas trop encore où est passé mon été. Alors que j’ai entendu parler de #slowtoute tous les deux jours depuis le solstice, j’ai été exactement dans le mode contraire, soit #danslfondmonléon. Depuis le printemps, j’ai l’impression de courir sur un tapis roulant imaginaire. Je me fais aller les papattes marathon style, enweille let’s go fille, mais sans avancer vraiment. J’aboutis jamais nulle part. Je fais juste suer et avoir des crampes, sur place, encore et encore. Je pense que ça s’appelle toffer la run. On pourrait dire que je traverse une période exigeante. En fait, je corrige : nous traversons une période exigeante, mon chum et moi. Je vous rassure, ce n’est pas notre amour qui est mis à l’épreuve. Ce sont plutôt nos vies professionnelles qui sont en pleine transition, influençant du coup notre vie de famille. Ça bouge autour de nous, entrainant incertitudes et remises en question. Mon doux …

Comment parler aux fillettes d’autre chose que leur apparence

Mes filles ont 3 et 6 ans. Et aussi magnifiques qu’elles soient, j’aimerais bien que les gens qui s’adressent à elles leur parlent d’autre chose que de leurs jolies robes et de leurs grands yeux qui briseront les coeurs des garçons. Pour la maman féministe que je suis, ça arrive un peu trop souvent à mon goût. Je sais que les intentions derrière ces remarques sont bonnes, excellentes même. On essaie de créer un lien positif avec mes filles en les complimentant. Mais pourquoi faut-il que ce soit presque tout le temps par rapport à leur apparence? Pis leur éventuel potentiel de séduction? (Celui-là me met très mal à la l’aise. Pis en passant, ça se pourrait qu’elles brisent le coeur des filles aussi.) Car même si c’est vrai qu’elles ont de jolies robes et de grands yeux, j’aimerais bien qu’elles se sentent intéressantes et valorisées par d’autres aspects de leur petite personne. Parce que dans les histoires, les applications sur la tablette, la publicité, les émissions de télévision, les filles sont constamment ramenées à « être belle ». Ce serait chouette que dans la vraie vie, …

Je suis jalouse, je pense

Je pourrais continuer d’être politiquement correcte et d’appeler ça de l’admiration. Mais j’aurais un peu peur de commencer à me mentir à moi-même. C’est qu’autour de moi, ces temps-ci, des tas d’amies et de connaissances se fabriquent le p’tit 3e, le p’tit dernier, le benjamin. Qu’on me comprenne bien, je les admire, celles qui le font. Mais, je crois que mon sentiment a évolué au-delà du respect. Parce que ça me confronte. Parce que ça me fait réaliser que moi aussi, je voudrais ça, mais que je ne peux pas. Je ne suis pas jalouse de leur 3e bébé, je ne me peux plus d’être heureuse pour elles et pour leur famille respective qui s’agrandit. Mais je suis jalouse de leur force. À un moment, j’ai cru que j’étais jalouse de leur situation, pour ensuite réaliser que ce n’est pas ça du tout. Je l’aime, ma vie. Vraiment beaucoup. Quel privilège, quand même. Non, je ne jalouse pas la situation des autres. Je ne jalouse pas le bonheur ou le matériel. Je n’en suis pas …