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Je suis jalouse, je pense

Je pourrais continuer d’être politiquement correcte et d’appeler ça de l’admiration. Mais j’aurais un peu peur de commencer à me mentir à moi-même. C’est qu’autour de moi, ces temps-ci, des tas d’amies et de connaissances se fabriquent le p’tit 3e, le p’tit dernier, le benjamin. Qu’on me comprenne bien, je les admire, celles qui le font. Mais, je crois que mon sentiment a évolué au-delà du respect. Parce que ça me confronte. Parce que ça me fait réaliser que moi aussi, je voudrais ça, mais que je ne peux pas. Je ne suis pas jalouse de leur 3e bébé, je ne me peux plus d’être heureuse pour elles et pour leur famille respective qui s’agrandit. Mais je suis jalouse de leur force. À un moment, j’ai cru que j’étais jalouse de leur situation, pour ensuite réaliser que ce n’est pas ça du tout. Je l’aime, ma vie. Vraiment beaucoup. Quel privilège, quand même. Non, je ne jalouse pas la situation des autres. Je ne jalouse pas le bonheur ou le matériel. Je n’en suis pas …

Êtes-vous une mère de qualité?

Sur l’échelle de la performance maternelle, vous scorez combien? De un à dix, mettons. Ah ouin? Et qu’est-ce qui vous fait perdre des points? Vous criez, des fois? Vous ne cuisinez pas des repas santé tout le temps, tout le temps? La propreté des bacs à jouets de vos enfants est douteuse? Vous croulez sous les piles de linges sales et/ou à plier (laquelle est laquelle déjà, hein?) ? Vous travaillez? Gageons que si vous avez répondu oui à la dernière question et qu’en plus vous le faites à temps plein et à l’extérieur de la maison pendant que vos enfants sont à la garderie ou à l’école primaire, vous jugez encore plus durement votre compétence maternelle. En termes clairs : vous ressentez de la culpabilité. Parce que nous sommes toutes d’accord là-dessus : nos enfants ont vraiment besoin de nous pendant cette période de leur vie et que si nous ne sommes pas là, nous sommes des mères de moins grande qualité, pas vrai? Vous savez quoi ? Nous avons tort. Statistiquement, turbo tort. C’est maintenant …

Nos virages inattendus

Février battait son plein. Je regardais la neige dehors, je ne savais plus s’il fallait que je trouve ça beau. Cela faisait deux mois que nous avions quitté Montréal pour la banlieue. Deux longs mois où, chaque jour, je me demandais si nous avions pris la bonne décision. Je me sentais loin, de tout et de tous. L’hiver, le vent, un bébé-de-pas-un-an qui marche pas : je n’avais rien pour me convaincre de sortir de ma nouvelle maison et d’aller découvrir mon quartier. Vraiment rien. Je berçais souvent Martha dans le salon devant la grande fenêtre. Henri avait encore peur de jouer seul dans le sous-sol. On en a passé des journées, juste les trois, dans le salon. Puis, lors d’une matinée particulièrement ensoleillée, j’ai vu Martha se rendre à quatre pattes jusqu’à la fenêtre et se rouler en boule sur le plancher dans le faisceau que la lumière extérieure nous envoyait. J’ai trouvé ça trop beau, et c’est à cet instant que j’en ai eu marre. Pas de ma nouvelle ville ou de ma nouvelle …

De lourdeur et de maternité

Henri se réveille encore en criant et court jusqu’à mon lit. Il a entendu la moto de son père démarrer et quitter l’entrée. Il pleure parce qu’il n’a pas pu lui dire au revoir avant qu’il parte travailler. J’essaie tant bien que mal de le consoler, lui dire qu’il le verra demain, mais rien n’y fait. Bien sûr, ses pleurs réveillent Martha. Je me lève péniblement et me rends jusqu’au lit de la petite. J’ai mal à la tête comme chaque matin. – Lait-lait. – Oui, ma chérie, mais on va changer ta couche avant. Elle se débat, elle déteste quand on change sa couche. Henri pleure toujours. Martha me pointe férocement sa chaise haute et crie jusqu’à ce que je lui serve ses céréales pour bébé. Elle mange seule. Enfin. À force de câlins et d’attention, Henri se remet de sa peine quotidienne. -Aider-aider? Martha me tend sa cuillère. Je lui dis que je ne peux pas l’aider, que je dois préparer le déjeuner à Henri et qu’elle est capable toute seule. Elle se …