Mois: février 2015

Nos virages inattendus

Février battait son plein. Je regardais la neige dehors, je ne savais plus s’il fallait que je trouve ça beau. Cela faisait deux mois que nous avions quitté Montréal pour la banlieue. Deux longs mois où, chaque jour, je me demandais si nous avions pris la bonne décision. Je me sentais loin, de tout et de tous. L’hiver, le vent, un bébé-de-pas-un-an qui marche pas : je n’avais rien pour me convaincre de sortir de ma nouvelle maison et d’aller découvrir mon quartier. Vraiment rien. Je berçais souvent Martha dans le salon devant la grande fenêtre. Henri avait encore peur de jouer seul dans le sous-sol. On en a passé des journées, juste les trois, dans le salon. Puis, lors d’une matinée particulièrement ensoleillée, j’ai vu Martha se rendre à quatre pattes jusqu’à la fenêtre et se rouler en boule sur le plancher dans le faisceau que la lumière extérieure nous envoyait. J’ai trouvé ça trop beau, et c’est à cet instant que j’en ai eu marre. Pas de ma nouvelle ville ou de ma nouvelle …

La voix du ventre

Moi, vous savez, j’ai eu une grande chance. J’ai voulu devenir enceinte deux fois et ç’a marché les deux fois. Je connais la date de conception exacte de mes enfants. C’est un peu le chemin idéal, celui qu’on espère tous qui nous attend lorsqu’on souhaite devenir parent. Il y a pourtant des tas de gens autour de moi qui n’ont pas eu ce privilège. Certains ont eu besoin d’un peu d’aide, d’autres de beaucoup, et certains n’y sont jamais arrivés. À vous tous : chapeau, je vous admire. Vous avez eu l’envie d’avoir des enfants et vous avez dû travailler pour y arriver, alors que la majorité d’entre vous devait être en train de faire un deuil, celui du chemin le plus facile, le plus court. Et quand on est en train de faire un deuil, on n’a pas toujours envie de « travailler », justement. Alors, s’ajoutant à toutes les essentielles et primordiales raisons médicales, c’est peut-être un peu pour ça que notre société a pris la décision, il y a quelques années à peine, d’être solidaire …

Joseph Fipps : Quand le hasard fait trop bien les choses

Pressée, deux jours avant Noël, j’ai dû avoir un gros huit minutes pour choisir le livre que je voulais offrir en cadeau à mes enfants. Dans la section jeunesse de la librairie Le Fureteur, j’ai réalisé que je ne savais pas trop quoi prendre. J’ai sorti trois-quatre albums de la sélection québécoise et un de ceux-là étaient Joseph Fipps. Bing, bang, boum. Coup de cœur total. J’y ai reconnu le travail d’une illustratrice que j’aime beaucoup, Geneviève Godbout, j’ai acheté le livre, puis je suis sortie de la librairie aussi vite que j’y étais entrée. Le lendemain de Noël, nous avons fait une première lecture de ce qui allait devenir notre livre préféré. Et, depuis, au moins une lecture quotidienne s’impose. C’est dire. C’est qui Joseph Fipps? Joseph, c’est un petit garçon de cinq ans qui n’écoute pas toujours très bien les consignes et qui, parfois, se fait gronder. C’est aussi un petit rêveur qui aime les livres et les animaux. C’est une histoire fantastique et touchante sur les émotions que vivent nos jeunes enfants… …