Être parent, Conciliation, Maternité, Parentalité
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Êtes-vous une mère de qualité?

Une mère performante, c'est quoi?

Sur l’échelle de la performance maternelle, vous scorez combien? De un à dix, mettons.

Ah ouin? Et qu’est-ce qui vous fait perdre des points?

  • Vous criez, des fois?
  • Vous ne cuisinez pas des repas santé tout le temps, tout le temps?
  • La propreté des bacs à jouets de vos enfants est douteuse?
  • Vous croulez sous les piles de linges sales et/ou à plier (laquelle est laquelle déjà, hein?) ?
  • Vous travaillez?

Gageons que si vous avez répondu oui à la dernière question et qu’en plus vous le faites à temps plein et à l’extérieur de la maison pendant que vos enfants sont à la garderie ou à l’école primaire, vous jugez encore plus durement votre compétence maternelle. En termes clairs : vous ressentez de la culpabilité. Parce que nous sommes toutes d’accord là-dessus : nos enfants ont vraiment besoin de nous pendant cette période de leur vie et que si nous ne sommes pas là, nous sommes des mères de moins grande qualité, pas vrai?

Vous savez quoi ? Nous avons tort. Statistiquement, turbo tort. C’est maintenant prouvé dans une étude réalisée par des chercheuses de trois universités (une canadienne et deux américaines) pour le compte du Journal of Marriage and Family. Le nombre d’heures passées avec nos enfants de onze ans et moins n’influence en rien leur comportement, leurs émotions et leur réussite scolaire. Par contre, ce qui les influence négativement, c’est le stress et la fatigue qu’engendre cette culpabilité chez leur mère. Aoutch, me direz-vous ? Ouep. Mega aoutch.

Résumons grossièrement. Si une mère travaille à temps plein et qu’elle culpabilise (ou se fait dire qu’elle devrait se sentir coupable par ses collègues, son co-parent, sa belle-mère ou son groupe «d’entraide» Facebook), ce sera nuisible pour ses enfants… et pour elle. Par contre, si elle travaille, l’assume, le vit bien et ne culpabilise pas, toute sa famille s’en portera mieux.

De quoi une mère a-t-elle besoin?

Mais alors qu’est-ce qui influencerait positivement nos enfants et (ceci expliquant cela) nos performances maternelles? Ce serait le fait pour la mère d’avoir des ressources (un réseau), un salaire décent, une scolarité, l’accès à un service de garde abordable et la possibilité d’avoir un congé parental digne de ce nom.

C’est complexe, touffu et nuancé tout ça, non? Et c’est pourquoi le sujet doit être abordé bien en dehors de la lorgnette du «mère = sentiment de culpabilité» et que nous devons faire du support aux familles et aux mères un véritable enjeu de société (quoi qu’en pense notre bon gouvernement et ses politiques d’austérité).

Et si on se rendait compte que ce n’est pas nous qui sommes inadéquates, mais que c’est le système qui ne nous donne pas les ressources nécessaires? Ou bien si on s’avouait que le monde du travail n’est pas encore adapté à notre réalité moderne de femme-mère qui travaille? Est-ce que ça nous aiderait à déculpabiliser? Mets-en.

Et les ados?

Je dois avouer être tombée sur le derrière en lisant cette conclusion de l’étude : les parents qui ont des adolescents se sentent en général moins coupables de travailler, alors que c’est à cette étape de la vie des jeunes que les chercheuses ont vu qu’il y avait une différence dans le comportement entre ceux qui passaient du temps avec leurs parents et ceux qui en passaient moins. Serait-ce donc une bonne idée de remettre en question (juste un peu) l’idéal véhiculé de manière dominante qu’est celui de la mère qui met sa carrière en veilleuse ou encore qui travaille à temps partiel jusqu’à l’adolescence de ses enfants?

Stop, arrêtez tout!

Bon. À la lumière de cette étude (et du gros bon sens), je pense que nous n’avons qu’une chose à faire : arrêter de nous sentir coupable.

Oh! Peut-être autre chose aussi : nous pourrions arrêter de croire que le monde tourne autour de nous. Nos enfants ont (pour la plupart) des pères, des éducatrices, des grands-parents et d’autres adultes signifiants pour eux. Des adultes qui les aiment et qui ne demandent qu’à en prendre soin. Ils ne sont pas perdus sans nous, à tout le moins, pas du lundi au vendredi de 9 à 5.

Et tant qu’à y être, rappelons-nous souvent ceci : que nous travaillions à l’extérieur ou pas, que nous envoyions nos enfants à la garderie ou non, qu’ils fréquentent l’école ou que nous leur fassions l’école à la maison, que nous prenions notre congé parental complet ou non, cela n’influence pas notre compétence maternelle.

Et si nous cessions de rêver aux mères parfaites ou d’idolâtrer les mères indignes? Peut-être qu’on arriverait à valoriser les mères suffisamment bonnes, parce que c’est ce que nous sommes.

 

11 commentaires

  1. sabrina dit

    Je partage, voulant prendre 6 mois de plus à mon congé je me rends compte que je ne suis peut-être pas totalement épanouie à la maison, j’aimerais pouvoir concilier travail et famille et dans mes recherches d’emploi je me rends compte combien cela peut être difficile de faire la routine du matin, aller porter les enfants, faire un peu de trafic et essayer d’être à une heure raisonnable au travail… si les entreprises avaient plus de solution pour les mamans, il aurait le choix de plusieurs supers employées passionnées et scolarisées

    • Je pense comme toi! Mais les entreprises ont-elles les ressources ou l’information pour arriver à opérer de tels changements? Il y a tant de travail à faire encore!

  2. Geneviève S. dit

    J’ai la chance d’avoir fini ma maîtrise alors que ma fille n’avait pas encore un an, d’avoir eu un emploi dans mon domaine immédiatement après la fin de mes études dans une petite entreprise (nous sommes cinq) où on comprend ma réalité de jeune maman (nous sommes tous parents et trois d’entre nous avons un enfant de moins de deux ans). L’ingrédient magique qui m’a aidé à avoir ces belles conditions : mon réseau. Une chouette garderie en milieu familial, un conjoint qui a réduit ses heures de travail pour avoir le temps de voyager notre fille à la garderie, des grands-parents et des amis qui viennent nous offrir un peu de temps libre, sans bébé. Et notre fille, à travers tout cela, se porte à merveille! Comme je le disais, je suis chanceuse.

    • Y’a tellement de trucs intéressants dans tout ce que tu nommes Geneviève!!!
      Réseau, garderie, co-parent, temps libre, enfant en santé : c’est l’idéal pour la conciliation travail-famille. À quelques détails près, je sens que nous vivons des affaires bien semblables.

  3. Joëlle dit

    Bonjour Odile,
    j’aurais aimé jeté un oeil à l’étude dont tu parles, mais le lien ne marche pas. Aurais-tu un autre lien, ou le nom de l’étude, ou quoi que ce soit pour la retrouver?
    Merci.

  4. Pingback: Confession : Je n’aime pas tant ça, jouer | Maman a un plan

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