Être parent
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Les jours tough, les jours doux

Je me sors d’une passe rough. J’ai même eu un peu peur.

Il y a maintenant trois semaines, tout s’est mis à mal aller.

Pas vraiment besoin de vous donner tant de détails, je suis certaine que vous connaissez la chanson : multiples virus et infections familiales, blessure, visites à l’hôpital, défis au boulot, tout en même temps.

[D’ailleurs, je pense que Tout le monde en même temps de Louis-Jean Cormier est en fait un hymne sur la promiscuité bactériologique sévissant chez les jeunes familles, mais bon, je m’égare.]

Bref. Je n’ai quasi-pas dormi pendant deux semaines à tenter de prendre soin de tout le monde.

Je dors pas

Mais une fois que ma petite famille a été remise de ses bobos, c’est moi qui a crashé. Et c’est là, que j’ai eu peur. Je ne voyais plus le bout, pas de solution. Je toussais-rageais des nuits entières. Et, comme on se souvient que ça faisait déjà des nuits entières que je ne dormais pas, mon indice de fatigue accumulé est devenu foutrement inquiétant.

Je me suis retrouvée chez mon médecin en lui demandant si j’étais pas en train de faire un burn-out, un épuisement de la maternité, quoi. Elle a gentiment ri de moi et m’a calmé rien qu’sur un temps.

Odile, n’importe quelle personne qui doit s’occuper de son mari qui se blesse et de ses deux enfants qui feelent pas, qui doit continuer d’aller travailler ET qui tombe malade à son tour, serait épuisée. Ce n’est pas parce que tu fais un burn-out.

Elle m’a donné un beau billet du médecin, comme quand on était petit pour manquer le cours d’éducation physique. « Bronchite » qu’il y était écrit. Quatre jours de répit, à mes frais. Beurk. Mais j’avais-tu vraiment le choix? Nope.

Ça veut donc dire que pendant quatre jours, je me suis habillée pour aller reconduire les enfants à la garderie (et par le verbe « habiller », je veux dire revêtir des joggings sales et un t-shirt douteux avec pas de brassière), avant revenir à la maison pour me faire un café… pour ensuite aller me recoucher. #nice

café café café

Bonne nouvelle? Mon médecin avait raison et, aujourd’hui, je vais 100% mieux. Fiou-fe et yé.

Moins bonne nouvelle? J’ai trouvé ça un peu confrontant. Comme si je n’avais pas le droit. Comme si je n’avais pas rapport. Comme si, whô-menute-papillon!, ça faisait pas partie de mes droits de mère, être malade. Comme si j’aurais dû être productive quand même et, surtout, continuer de prendre soin des miens.

C’est peut-être à cause de la fièvre, mais un moment donné, je me suis dit : STOP. FUCK IT. J’arrête pas de dire à qui veut bien l’entendre que je suis pas juste-une-mère, que je suis toujours une femme, pis surtout une humaine… et je ne me donnerais pas le droit de tomber, moi aussi ? Y’a rien de plus humain que tomber (ok, rendu là, c’était vraiment la fièvre qui parlait). Non, mais, ça vaut bien la peine d’essayer de la concilier, ma vie de femme-mère-travailleuse, mais force est d’admettre que tout ça n’est pas si conciliable lorsque j’aditionne « je dors pas », « je tousse », « je crache ma vie » et « je me sens coupable d’être dans mon lit » à la fameuse équation-conciliation. Et si je m’arrête pas, c’est ça qui, à long terme, pourrait me mener à l’épuisement. Faque, sacre-toi donc ça, une p’tite patience.

Et c’est ce que j’ai fait! Et c’est ce que je ferai à l’avenir. Parce que les autres se la sacreront pas pour moi (ha!) et  parce que s’auto-offrir du doux, c’est sain.

Salut, p’tite patience, enchantée de faire ta connaissance!

Se sacrer une petite patience

8 commentaires

  1. On est «timé»! Je viens de vivre 2 semaine moches. C’était la ronde des virus… D’abord le petit, ensuite moi et puis le chum. Zéro fun. Mais heureusement ça finit par passer. Un petit verre de rosé ce soir et vive le weekend.

  2. Josiane S dit

    Je te trouve vraiment bonne de parler de tes faiblesses comme ça <3.

  3. Notre vie, c’est des hauts, des bas, des crash et moments euphoriques. C’est aussi des platitudes et des Sexyback de JT. C’est le chaos, c’est la routine, pis des fois c’est les deux en même temps. Je lève mon verre à tout ça, parce que sans le pire, il n’y aurait pas le meilleur et je te souhaite que le prochain pire ne dure qu’un instant. #cheers #TGIFF

  4. Laurence dit

    Quand c’est pas le grand qui est malade, c’est le petit dernier, et nous, parents, à force de les soigner, on tombe nous aussi au combat mais on continue de travailler pour « garder NOS congés de maladie » pour les prochains bobos de nos minis…et nous sommes en mai!!!

    C’est aussi ça être parents!

  5. Ayoye! J’ai eu les mêmes réflexions il y a environ un mois! Le médecin m’a donné 4 jours de repos (long story), et j’ai braillé sur le répondeur de mon boss parce que je me sentais trop mal de prendre 4 jours de maladie… Ensuite, j’ai essayé de me lancer dans le ménage à fond, parce que je ne pouvais pas envisager de vraiment me reposer, dans ma tête, ça faisait « does not compute »… Mon corps s’est vite chargé de me rappeler à l’ordre! Je me suis reposée finalement, et beaucoup ennuyée aussi, mais c’est pas la fin du monde, en fin de compte! ;) Merci pour cette billet qui m’aide à mieux cerner ce qui m’est arrivé!

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