Être parent, Parentalité, Réflexions

Le premier jour de camp

Dimanche dernier, en revenant d’une fin de semaine de camping avec les enfants, j’avais une boule dans l’estomac.  Le genre de boule qui t’annonce que tu t’apprêtes à passer à une autre étape dans ta vie de mère : l’étape du camp de jour.

Pendant que ça se pitchait des oreillers en chantant Trois p’tits chats à l’arrière de la voiture, moi, je faisais la liste mentale de choses à préparer pour que mon petit Raphaël, six ans, ne manque de rien pour sa première journée. Lunch froid, maillot, serviette, crème solaire, parapluie, gourde : il allait avoir tout ce dont il avait besoin.

Mais, malgré toute ma bonne volonté, la boule était encore bien présente.

La fébrilité maternelle.

Oui, j’étais la mère qui, pour la première fois, allait laisser son enfant dans les mains d’un moniteur adolescent nommé Tacos. J’avais rien contre Tacos. C’est juste qu’à son âge,  j’aurais pas su quoi faire avec douze enfants de six ans, moi!

Et s’il perdait mon garçon pendant la journée? Raphaël ne connait même pas notre numéro de téléphone! J’ai évalué la possibilité d’en faire un jeu dans l’auto : tant qu’à chanter des chansons à répétitions…

Et si ce format ne lui convient pas? Ça se peut : il y a des enfants qui n’aiment pas les camps de jour…

Pourtant.

Je ne suis pas une mère poule. Mes enfants grandissent dans la ruelle de quartier, celle où les parents discutent librement les dimanches après-midi avec un verre de vin en laissant jouer les jeunes librement. Dans ma tête, je suis une mère ben chill.

Dans ma tête, justement.

L’image que j’ai des camps de jour, c’est celle des « sorties » où on voit ce qui semble être beaucoup trop d’enfants pour trop peu de moniteurs, cordées dans les autobus et les métros de Montréal. Je m’étais donc dit que je n’allais pas  réserver ce « sort » là à mes enfants.

Le jour J

Le matin, forte et souriante à l’extérieur (pas question de faire paraître  ma vulnérabilité, whô!), je tiens la main de Raphael un peu trop fort quand j’arrive dans ce gymnase où les enfants, cordés le long du mur, attendent qu’on leur propose une activité.  Je donne sa présence et le laisse aller rejoindre son ami d’école qu’on a repéré en arrivant [insérer ici un chant d’ange].

C’est la larme à l’œil et le cœur gros que je quitte ce brouhaha en tenant ma fille dans mes bras, comme une enfant insécure tiendrait son toutou.

En entrant dans la voiture pour se rendre à sa garderie, ma petite Éliane, quatre ans, s’exclame : Wow maman, il est chanceux, il va se faire pleiiiiins de nouveaux amis!

Ouin.

Je voyais le camp de jour avec des yeux d’adulte, mais si je regarde tout ça avec mes yeux d’enfants, je réalise que le camp c’est : profiter de l’été pleinement dans les parcs avec de nouveaux amis, passer du temps avec des ados hot qui nous donnent de l’attention, se salir, avoir chaud, se mouiller ET faire des sorties juste trop cool en autobus et en métro. Bref, ce sont des vacances sans parents!

Je ne dis pas que je ne suis plus inquiète, là! Mais lorsqu’il m’a dit lors du jour férié qu’il trouvait ça plate d’avoir à rester à la maison, disons que ç’a apaisé ma conscience.

L’été prochain.

Maintenant, je fais des recherches actives pour l’an prochain, question de me renseigner sur la panoplie de camps d’été offerts à nos enfants.  Perso, j’ai un faible pour le camp de jour Les amis de la montagne où les petits sont initiés aux sciences naturelles, à l’architecture et à l’histoire et à l’art.

Mais si vous avez des suggestions de camps où nos enfants ne s’ennuient pas, je suis preneuse!

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