Être parent, Défis
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Quand les tupperwares prennent trop de place

l'apaisante nature

Un matin je me suis levée avec un urgent besoin de me brasser la cage. Parce que j’avais l’impression de tourner en rond, parce que je manquais de défis, parce que j’accumulais les frustrations et les insatisfactions et que je venais d’avoir 40 ans.

On s’entend, je suis privilégiée. Je n’ai aucun « vrai » problème. On parle ici des remises en question d’une maman qui se sort de la petite enfance et qui, parce que sa fille est moins dans ses jupons, retrouve le temps de penser à son avenir et à ses ambitions. On parle de petites niaiseries qui minent le quotidien d’une éternelle insatisfaite.

Je suis comme ça moi. Insatisfaite de moi, de ce que j’ai dit, de ce que je n’ai pas dit, du souper que je viens de faire (c’était meilleur la dernière fois). Mélangez ça à une éternelle optimiste (dans le sens de la vie pourrait être encore mieux, il n’en tient qu’à moi, je suis capable). On obtient une fâcheuse tendance à se taper sur la tête.

L’urgent besoin de quelque chose.

Un matin, je me suis donc levée avec cet urgent besoin de quelque chose. Quelque chose de gros, d’épeurant. Quelque chose qui me pousserait à lâcher prise pour enfin retrouver un semblant d’insouciance qui appartient à ma jeune vingtaine. T’sé, le sentiment que tout est possible, qu’on a encore le temps, qu’on a rien à perdre. L’époque avant l’école de la vie, avant les petites désillusions du quotidien. L’époque ou j’avais encore le casting pour jouer Juliette au TNM ( je l’ai jamais vraiment eu, mais dans ma tête, dans ce temps là, j’y croyais.). L’époque où mon besoin de tout contrôler était encore un moteur, et non un frein ou un défaut de blonde rushante. L’époque où je m’en foutais que l’armoire à tupperwares soit un gros n’importe quoi, où l’heure du souper ne me faisait pas angoisser « Parce que si on mange trop tard, la p’tite va se coucher encore trop tard, pis demain… Pis la semaine prochaine… » L’époque où je n’avais pas à penser à magasiner l’habit de neige tout de suite « Parce que sinon y’en aura pus de sa grandeur quand y va faire froid pour vrai! » (Quand je disais que j’avais aucun vrai problème.)

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La p’tite roue qui mène nulle part.

Un matin, je me suis levée avec le besoin de sortir le hamster que j’ai dans ma tête de sa p’tite roue qui mène nulle part pour aller le sacrer dans la nature, question qu’il se rebranche sur son instinct de survie. Comme un reset pour donner un break à mon entourage et pour me donner un break à moi aussi, j’en pouvais pus de m’entendre chialer.

Ce matin-là, je me suis inscrite à La Voix. Je me suis brassée solide. Je me suis mise dans un contexte ou j’avais pas le contrôle sur rien à part sur moi et mes attentes (ah, les attentes!). Je me suis laissée prendre en charge, j’ai attendu mon tour pis j’ai chanté ma chanson en y mettant autant de coeur que si je jouais Juliette au TNM, pis j’ai accepté avec un gros sourire mon sort dans le concours.

Julie à La Voix

Ça m’a remis à ma place.

Depuis ce matin-là. Ça va mieux. J’ai retrouvé le « tout est possible ». Je pense que je chiale moins et que je passe plus à l’action. Au lieu d’être frustrée, je cherche des solutions. J’ose plus. J’essaye plus. Je lâche prise ben plus souvent. Pis l’armoire à tupperwares est encore à l’envers, mais je m’en fous. Je suis trop occupée à essayer de me bricoler un quotidien qui me comble et une famille heureuse.

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Vous, vous faites quoi quand vous avez ce besoin de vous brasser la cage?

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8 commentaires

  1. Michel Ménard dit

    Pour ton roti de palette, j’adore ca si il en reste,je suis preneur. Et tu est maman c’est fantastique + comédienne,+tu te mets a écrire, c’est la vie que tu as choisis, alors vie la PLEINEMENT tout en chantant. MICHEL

  2. Pascale dit

    Wow j’aime le bout ou on mets le hamster dans la nature. Je me sens exactement comme ça. Ben moi maintenant j’assume que écouter mon téléroman à 21h quand les p’tits sont couché…égale cerveau a off… Dire que je riais de ça les « madames téléroman » il y a pas si longtemps…

  3. Caroline dit

    Merci pour ce texte. Tout simplement! Mettre des mots sur ce que mon propre hamster n’arrivait pas à saisir… On va sortir prendre une marche… « D’in coup que »… ;)

    • Julie Ménard dit

      C’est souvent l’étape la plus difficile, mettre le doigt sur ce qui ne va pas, sur ce qui mine le quotidien. Sortir prendre une marche, c’est une ben bonne idée! : )

  4. Clara Bilbao dit

    Ah ! En panne d’inspiration post-quarantaine de ce côté-ci… Ça me parle bien ce texte. Merci :)

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