Être parent
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Ma fille, mon excuse

Dans la vie, nombreuses sont les situations où, comme tout le monde, je ne me sens pas complètement à l’aise.

Vous savez ces moments où on aimerait se faire toute petite ou carrément disparaître. Avant, je devais agir comme une grande personne, mais voilà que ma fille vient à ma rescousse.
En effet, j’ai un peu honte de l’avouer, mais ma fille est devenue mon excuse par excellence. L’excuse dont personne ne doute et qui n’est jamais remise en question. La maternité me donne maintenant accès à un tout nouveau monde de stratégies jusqu’ici inaccessibles.

Pour affronter

Souvent, lors de nouvelles rencontres, je suis toujours un peu nerveuse, car je porte en moi une certaine timidité. Que ce soit pour rencontrer les collègues de mon chum, aller dans la belle-famille que je ne vois jamais, participer à un atelier maman-bébé…

Mon meilleur truc jusqu’à présent pour briser la glace est d’arriver avec Adèle. Et si mon chum est là, hors de question de la lui laisser. J’insiste tellement qu’il doit même trouver ça un peu louche parfois. Vient ensuite l’étape où plein d’étrangers tentent de me l’arracher des bras et heureusement, la plupart du temps, elle se colle sur moi. En expliquant aux gens qu’elle a besoin de temps, je m’assure d’en avoir également. Et quand je propose petit à petit à ma fille d’aller explorer l’environnement par elle-même, c’est plutôt moi qui voit la « menace » tomber et qui se sent plus solide sans elle.

Pour fuir

Les situations où ma fille devient la plus utile importante sont sans aucun doute lorsque j’ai le goût de disparaître. Que ce soit par malaise ou par ennui, elle me donne un sacré coup de main. Même que souvent, elle s’occupe elle-même d’avoir faim, de spinner partout ou bien d’être fatiguée.

Sauf qu’à l’occasion je vais un peu au-devant (manière polie de dire que je mens). Par exemple dans la plupart des groupes, il y a cette personne qui cherche une oreille. Celle qui a besoin de parler, parler et parler. Suffit d’accrocher son regard et vous êtes faites-à-l’os. Moi, ces gens-là, je les attire tel un aimant. Voilà le moment parfait pour « Oups (renifler), désolé mais je crois que ma fille a besoin que je change sa couche » (quitter lentement la pièce).

Autre stratégie toute simple que j’utilise dans les moments un peu ennuyants : Quand c’est l’heure de la sieste, il m’arrive d’inventer que je n’ai pas le choix d’aller lui faire faire un tour en poussette. (Personne ne saura si j’ai réussi à trouver un parc proche et qu’avec un peu de chance, il y aura d’autres enfants avec qui elle pourra jouer pendant que je prends du soleil.) #jaivraimenthonte

Et elle dans tout ça?

Je me sens parfois mal de l’utiliser ainsi. Je me dis que comme modèle d’authenticité, j’ai encore pas mal de croûtes à manger. Bon, j’en suis consciente et j’y travaille du mieux que je peux.

D’un autre côté, je réalise que dans tous les exemples dont je vous ai parlé, ma fille n’est pas uniquement une excuse, elle est avant tout ma sécurité. Elle me rassure, me fait du bien et c’est avec elle que je me sens le mieux. Finalement, je suis tout de même émue de constater qu’elle est pour moi ce que je suis pour elle.

Dites-moi que je ne suis pas seule : avez-vous déjà utilisé votre enfant comme « excuse »?

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Cette entrée a été publiée dans : Être parent

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Originaire des Cantons de l’Est, j’ai adopté depuis plus de dix ans la charmante ville de Québec. Curieuse et fouineuse, j’aime partir à la découverte de tout ce qui se fait de beau, de bon et d’ici. Maintenant maman, je profite autrement mais pleinement de ma ville. Bon, je n’ai jamais assez de temps pour tout faire mais cela me permet d’alimenter ma "to do" liste qui n’est jamais bien loin.

9 commentaires

  1. Ici aussi les enfants nous serve d’echappatoire. J’assume à fond surtout que j’observe ce phénomène chez de nombreux parents

  2. Isabelle dit

    Non, non, non… Jamais! ;-) J’ai eu deux bébés à « bras », qui ne veulent pas dormir ailleurs qu’à la maison (et encore) et qui ont des allergies. Alors tout événement public demande évidemment de l’attention, ne serait-ce que pour la nourriture. Mais dans tout cela, il y a aussi la fatigue. Je suis épuisée, voire maman zombie. En situation sociale, je n’ai parfois même pas l’énergie pour tenir une conversation. Alors oui, le fait de devoir m’occuper des enfants peut me servir de rempart.

  3. Caterina dit

    Oh que oui ! On se sent mal en dedans mais en même temps, on est tellement contente de pouvoir échapper à des situations ou des sorties qu’on ne veut pas aller ;)

  4. Bonjour,
    J’ai bien ri en lisant ton article et m’y suis totalement reconnue.
    Il n’y a pas de quoi culpabiliser. Mais dis-moi, comment ferons-nous lorsque nos enfants seront grands ? :)

    • Ha! Ha! J’ai eu la même réflexion et je me suis dit qu’il faut justement en profiter tandis qu’ils sont petits. Je redoute déjà le jour où ma fille pourra me dénoncer ;)

  5. C’est drôle ces petits moments du quotidien et qui n’a pas utilisé un peu ses enfants comme prétexte pour échapper à quelque chose par exemple !!
    bravo pour ce joli blog que je découvre.

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