Être parent, Grossesse, Maternité
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Le débat intérieur

Je viens de passer dix minutes à lire sur la grande toile des articles sur l’acide folique.

M’imaginer faire ça il y a quelques mois à peine, je pense que j’aurais ri. Et j’aurais eu peur. Envisager la maternité concrètement, là, tout de suite, vraiment?

La nature est ainsi bien faite qu’à 34 ans, à l’orée de cette période où notre fertilité dit-on commence à chuter dramatiquement, une fois par mois, j’ai les ovaires qui me crient avec avidité « bébé, bébé, bébé » et le corps qui trouve que mon chum est irrésistible au point de vouloir lui arracher ses vêtements 24/24. Systématiquement. Une fois par mois, pendant un jour ou deux, je sens qu’il y a un trou à combler dans mon ventre, un espace qui veut être habité.

Le reste du temps, j’ai les mêmes questionnements, les mêmes envies, les mêmes désirs et les mêmes doutes qui se côtoient et qui se tirent la couverte. « Tu veux un bébé, c’est le temps, y aura jamais de moment parfait, pense pas trop », « Oui mais ma carrière, je me cherche tout le temps, encore, toujours, d’un coup que je suis pas capable, d’un coup que je manque d’argent, qu’on se sépare, que mon enfant m’aime pas, qu’il lui arrive quelque chose, un accident, une agression, n’importe quoi, qu’il se fasse écoeurer à l’école, qu’il ait de la peine, ça va me faire ben trop de peine de voir mon enfant avoir de la peine… »

Et le fameux « d’un coup qu’il est malade ».

Et surtout, d’un coup que moi, je tombe malade. Que je ne puisse plus m’occuper de mon enfant. Que j’accouche d’un orphelin. Je deviens hypocondriaque chaque fois que j’y pense. Un enfant qui éclate en sanglots aux funérailles de sa mère, c’est la chose la plus horrible du monde.

C’est évident, les doutes et les peurs sont des champions tireurs de couverte. Invincibles.

Mais voilà, c’est pas rationnel, c’est pas explicable. À la fin de chaque débat intérieur, avec douceur, y a le désir qui pose sa main sur la peur. Qui fait baisser son énergie bruyante. Et qui reprend, sans forcer, calmement, la couverte que la peur tenait serrée dans son poing. Mes épaules baissent, je me remets à respirer. Le hamster dans ma tête part se reposer et laisse toute la place à mon envie d’inviter la cigogne chez nous.

Je m’apaise. Jusqu’à la prochaine fois.

Et je vais voir des sites où on me parle d’acide folique.

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Chanteuse, créatrice, passionnée de littérature et maman en devenir, je suis aussi indéniablement une indécise chronique. Lion ascendant balance, j'ai un peu paniqué le jour où on m'a dit qu'en vieillissant, notre ascendant devenait de plus en plus dominant. Puis je me suis rappelée que je ne croyais pas vraiment à ça, l'astrologie. Fiou.

4 commentaires

  1. Mademoizelle A. dit

    Salut Mademoiselle Gauthier. J’ai eu le même questionnement que vous avant de commencer à essayer. Avec mon premier, je suis devenue parent orphelin et le deuxième, un an plus tard, s’en est tout juste sorti. Aujourd’hui, on se demande si on en veut un autre et tout le même questionnement revient. Il me semble que j’aimerais juste être enceinte sans avoir à me demander si je veux le devenir, comme ça j’aurais pas à y penser!

  2. Jeanne dit

    Ce questionnement, je l’ai aussi à l’aube de la trentaine. Séparée et dans une seconde union, à nous deux nous avons déjà trois enfants et en avoir un autre serait de la folie… Mais c’est inévitable. Ce bébé il nous manque et il semble faire deja partie de notre famille. Et si on se séparait? Et si ce bébé s’annocait en double? Et si nous perdions nos emplois? Et ma fabuleuse carrière dans tout ça?Pas facile pour une femme cartésienne et pragmatique de prendre une décision sur quelque chose qui peut sembler vicéral, animal, comme celui de porter un adorable bébé. Nous nous disons aussi que soit le hasard fera bien les choses, nous portant ainsi de famille non conventionnelle a famille ultra non conventionnelle ou bien que le quotidien à lui seul nous réconfortera en nous démontrant que notre nouvelle famille, telle qu’elle est, est une source d’amour suffisante et que l’appel d’un nouveau bébé ne se fera plus entendre aussi fort…

  3. Et si d’un coup tout allait ben, et qu’un matin tôt, encore endormie, tu avais une tite-face arrivée sans bruit et qui dirait, un peu trop fort, : « Maman dors, Maman dors ».
    Et si d’un coup tout allait ben, et que l’affaire issue de toi cherchait à comprendre le sens de la vie et ce qui l’entoure à l’aide de questions incessantes du genre : « Pourquoi le ciel est bleu? » te cherchant des yeux, car il n’y a que toi qui sait la réponse.
    Et si d’un coup tout allait ben et qu’un samedi d’hiver, tout ce qui compte pour la bête à deux pattes est de faire un bonhomme de neige avec toi, car toi seule a le savoir bonhommeneigique.
    Et si d’un coup tout allait ben, et que le soir venu, tu t’installais à côté de la chose tout juste sortie du bain pour lui raconter les vraies histoires des livres sans images parce qu’entendre ta voix les lui lire est suffisant pour qu’elle se les dessine.
    Et si d’un coup tout allait ben, et que l’intrus arrivé dans ta vie, devenait pour toi la chose la plus précieuse et que pour lui tu sois la seule personne qu’il peut appeler Maman.
    Et si d’un coup tout allait ben.

  4. Pingback: Le (jamais vraiment) bon moment | Maman a un plan

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