Défis
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Deux ans, ça passe vite, mais pas tant

Mon chum pis moi, quand on a décidé d’avoir des enfants, on a planifié ça comme des grands.

MAP_badge_enattendant_noirMoi : « Babe, on va commencer à s’essayer en mai, comme ça on n’aura pas un bébé de Noël ou pire, DU JOUR DE L’AN! T’sé, on veut que notre chère progéniture puisse avoir sa fête à elle toute seule. Mon homme : « Parfait. »

C’était il y a deux ans. Je ris encore en pensant à ce moment-là. Deux ans plus tard, si on avait un joli petit bébé du jour de l’an, nous serions les parents les plus heureux du monde.

On ne m’a jamais donné le mémo

Quand tu réussis pas mal tout ce que tu entreprends dans la vie, tu t’imagines que pour ton projet de bébé, ça va être la même chose. Le problème, c’est qu’on ne m’a jamais donné le mémo, celui qui dit que ça se peut que ça ne fonctionne pas du premier coup, ni même pour les vingt-quatre coups suivants. Le problème c’est que c’est long, un mois, avant de pouvoir réessayer. On dit que la nature est bien faite, moi, je dis que la nature est dans le champ.

Les bons conseils

Essayer de concevoir, c’est comme vouloir rencontrer l’homme avec un grand H. T’espères que ça t’arrive un jour, mais t’es jamais vraiment certaine d’y croire. D’ailleurs, les conseils sont les mêmes. J’ai entendu exactement les mêmes belles phrases pleines de sagesse qu’à mes heures de célibat : «Tu veux trop», «Tu stresses pour rien», «Fais confiance à l’univers!» et mon préféré, celui que tout le monde te dis en croyant t’apporter LA solution miracle, «Tu vas voir, ça va t’arriver quand tu vas arrêter d’y penser».

La chose à laquelle ces illuminés ne pensent jamais, c’est que si je décide de ne plus y penser du tout, c’est parce que je vais mettre une croix sur le projet et que si on décide d’arrêter d’essayer, ça va me faire une peine immense.

Neuf pistes

Depuis deux ans, je suis passée par une gamme d’émotions assez colorée : j’ai été extrêmement frustrée, triste, déçue, insensible, optimiste, re-déçue, positive, zen, re-triste. J’ai pleuré, je m’en suis voulu, j’ai été jalouse et j’ai essayé de m’en sacrer. Mes émotions ont donc joué au DJ avec mes pensées pendant plusieurs mois. Au début, elles ont joué la même playlist en boucle pendant des mois. Les titres des pièces étaient remarquables d’ailleurs.

  1. J’veux pas assez
  2. C’est de ma faute
  3. Fuck off, on laisse tomber
  4. Mon chum va me sacrer là
  5. Pourquoi pour TOUTES mes amies, ça a marché du premier coup? (Évidemment, je n’exagère aucunement)
  6. Faut que j’arrête de boire pour être plus fertile
  7. Je suis trop stressée
  8. Comment je fais pour être moins stressée?
  9. Ah shit! Ça me stresse d’essayer de ne pas stresser!

Les deux premières pistes, disons, jouaient plus souvent que les autres. Je me suis sentie coupable pendant presque un an. Après, ça s’est estompé et maintenant, je sais pertinemment bien que ce n’est pas de ma faute et que je veux juste assez merci.

Si vous êtes dans cette phase de culpabilité intense, faites comme Matt Damon dans Le Destin de Will Hunting et répétez-vous : «C’est pas de ma faute» jusqu’à ce que vous brailliez une bonne shot et que vous partiez rejoindre la fille de vos rêves en Californie en laissant derrière un Ben Affleck qui a compris ben des affaires.

Sérieusement, c’est pas de ta faute.

9 commentaires

  1. «Je veux pas assez» «je stresse trop» «fuck off on laisse tomber». Je sais tellement de quoi tu parles… Il n’y a rien que l’on puisse dire ou faire pour donner de l’espoir aux infertiles, parce comme tu le dis si bien on n’est jamais vraiment certaine d’y croire. Julia, je t’offre virtuellement un gros câlin.

  2. Isabelle P. dit

    Ma vie était parfaite!!! J’ai le plus beau des amoureux, j’avais une fille de deux ans et enceinte de ma deuxième….jusqu’à ce que je la perde à la naissance. S’en est suivi trois fausses couches. Je tombe enceinte oui, mais je n’ai toujours pas de deuxième enfant.
    Je voulais tellement, et mon entourage voulais tellement pour moi. Moi aussi j’ai reçu maints et maints commentaire ( qui disont le pour les personnes qui les formules, ne veulent qu’être encourageantes)
    Jusqu’au jours ou j’ai compris qu’il fallait que je chérisse ce que j’avais et non ce que je pourrais peut-être, éventuellement, un jour avoir…
    C’est à ce moment que la culpabilité, l’envie et le stress est tombé!

  3. Marianne dit

    Tellement vrai! Merci de mettre en mots ce qui est si difficile à vivre… Et surtout : Fuc$ off ceux qui disent de pas stresser avec ça!!! C’est comme si c’était de notre faute si ça marchait pas, parce qu’on « stressait »… Ont-ils déjà essayé de pas « stresser »? Pas évident du tout!

  4. Karine B dit

    Je te comprend tellement! Ça m’a pris 2 ans et demi tombé enceinte! Je fais parti des chanceuses pour qui ça a finalement fonctionné mais entre le jour 1 et le jour où je suis tombé enceinte, je les ai tous entendus ces commentaires! Je n’étais PU CAPABLE de me faire dire de ne plus y penser et que ça arriverais! Ça ne marche pas tout le temps comme ça la vie! Si c’était si simple, il n’y en aurait pas d’infertiles et encore moins de clinique de procréation assistée! Et il y a celles qui me disait qu’après 3 mois elle avait cessé de toujours y penser et pouf! Au 4e mois elle était enceinte! Arghhh!

    Un énorme bonne chance dans tes démarches! Je te souhaite seulement de la compassion et de l’écoute autour de toi pour traverser cette épreuve qui aura une fin heureuse je l’espère!

  5. Pingback: 14 jours | Maman a un plan

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