Être parent, Maternité
6 commentaires

Pas le choix

Le beau temps des Fêtes que j’avais pris le temps de bien planifier? Eh bien, y’a rien qui est arrivé comme prévu.

Le 24 décembre, grand-papa a été hospitalisé, la gastro s’est pointée, pis l’électricité nous a lâchés.

Noël, cette année, je l’aurais volontiers annulé. Mais c’était juste pas possible, parce que le 24 y’avait aussi une petite fille de cinq ans, les yeux pleins de magie, qui cherchait le meilleur endroit pour déposer ses biscuits pour le père Noël.

Être parent, c’est souvent ça finalement. Ne pas vraiment avoir le choix. Je me rends compte, qu’avant d’être mère, je devais souvent utiliser l’option « me désister », parce que chaque fois que j’ai pas vraiment le choix, ça me demande de faire un gros effort.

La grossesse

C’est pas mal là qu’on commence à réaliser que le désistement est plus ou moins une option. J’ai adoré être enceinte, mais à huit mois de grossesse j’aurais pris une pause avec plaisir. J’aurais volontiers passé la bedaine, son poids et tout le reste, à mon homme, le temps d’un p’tit week-end entre filles.

L’accouchement

On m’avait bien avertie que même si je me faisais un beau plan de naissance et que je passais des heures à me préparer, j’avais très peu de chance que ça se passe comme prévu. Je le savais, mais je l’ai quand même eu dans les dents. Il faut passer au travers, on n’a pas le choix. Même quand ça passe relativement bien, il faut trouver le moyen de dealer avec une gamme impressionnante d’émotions et de nouvelles sensations qui demande des efforts considérables.

Faut dealer avec la peur de cette immense inconnue en même temps qu’il faut se détendre et s’abandonner dans la douleur. Faut accueillir, lâcher prise, trouver l’énergie, trouver la force, trouver le bon chemin. Faut faire des deuils, des compromis, des efforts et tout ça, dans la joie et dans la peur, dans l’amour et dans l’angoisse. Pas le choix, c’est la vie.

Tout le reste

Après, y’a les nuits blanches qui tombent trop souvent la veille d’une grosse journée ben importante. Y’a la couche qui déborde ou le dégât surprise qui arrive LA journée ou t’as pas de lingettes dans ton sac. Y’a les spectaculaires crises de bacon en public. Y’a le « pourquoi la madame est grosse? » ou le « pourquoi le monsieur est petit? » demandé tellement trop fort, et tous les autres moments où j’aurais bien aimé me désister. Comme on n’a pas vraiment le choix, on passe au travers, on trouve l’énergie, on trouve une solution, on trouve une porte de sortie ou une explication de feu.

Et au final

À coup de petits dépassements et de petites victoires, j’ai l’impression de grandir un peu en même temps que ma fille. Je la regarde apprendre, tester mes limites ou attendre le père Noël, pis je suis fière comme c’est pas possible. Fière d’elle, mais aussi de moi, fière de toutes les fois où je me suis forcée. Fière et reconnaissante, en fait. Parce que si tout ça existe, si tout ça m’arrive c’est parce qu’à la base je l’avais, LE choix.

J’ai choisi de faire un enfant parce que je sentais que je serais capable, que c’était le bon moment et peut-être parce que j’étais enfin rendue là dans ma vie. J’avais le goût de me forcer pour quelqu’un d’autre.

Alors le 24, je me suis forcée. Malgré les imprévus et mon vilain virus, on a improvisé un réveillon et un Noël tout simple, mais ça n’en prenait pas plus pour qu’il soit parfait.

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Je suis une comédienne qui aime chanter. Je suis aussi une amoureuse et une maman "sur le tard". Je viens de démarrer mon entreprise de tatouages temporaires, je me mets à l'écriture pis mon roti de palette est délicieux.

6 commentaires

  1. isabelle dit

    Wow! Ton texte vient me chercher et tombe à point. Un baume sur mon coeur de maman enceinte déchirée entre l’idée d’avoir ou non ce deuxième enfant…

  2. aroulettes dit

     » j’ai l’impression de grandir un peu en même temps que ma fille » c’est surtout cette phrase que je retiens et qui resume tout …
    je grandis aussi et j’apprend chaque jours à travers eux…avec eux, et pour eux…

    être parent n’est ce pas le plus beau des « sacrifices » quand on la choisi?

    • Julie Ménard dit

      Y’a place à beaucoup de bonheur et de plaisir même quand c’est demandant!

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