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Des jouets pour les autres?

Pour ma fille de 16 mois, l’hiver n’est pas encore une saison remplie de possibilités et ses joies riment plutôt avec combat de bottes et pouces qui ne collaborent pas dans les mitaines.

Par conséquent, nous cherchons souvent des activités intérieures pour elle et gardons les sorties en plein air pour la sieste.

La joujouthèque

Puisque la très populaire bibliothèque fait partie de nos habitudes la fin de semaine, l’idée d’une formule similaire avec les jouets était logique pour nous et c’est pourquoi nous voulions découvrir le réseau des joujouthèques.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, l’inscription au coût de 10$ nous permet de faire la location de jeux de façon mensuelle. Un dollar par jeu pour un maximum de cinq par emprunt.

Pour être responsable

Ayant été grandement inspirée par le défi de Marianne, je m’étais donné comme objectif d’être plus réfléchie dans mes dépenses. Cinq dollars par mois pour varier nos jouets et ne pas les laisser accumuler la poussière, c’est pas mal ça!

Pour jouer en toute liberté

Le week-end dernier, c’est surtout pour profiter de l’espace jeux libres que nous sommes allés à la joujouthèque de notre quartier soit celle de la Basse-Ville de Québec. Nouvellement ouverte le samedi de 9h à 16h30, c’est une belle idée pour les familles qui comme nous, la semaine, en ont plein les bras.

À notre arrivée, ça grouille de monde dans le local bondé de jouets et chacun y va de sa préférence.

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Adèle et son préféré, le micro-ondes!

Pour qui exactement?

Après une heure de pur fun, nous quittons et mon chum me dit en sortant: « Méchante belle place, mais je ne pense pas que ce soit pour nous! ».

J’acquiesce spontanément, mais pendant le trajet en auto je me mets à réfléchir à la mission de la joujouthèque : « Favoriser le développement des enfants et l’épanouissement des familles par l’art et le jeu. » N’est-ce pas ce que l’on souhaite nous aussi?

Alors, comment expliquer ce sentiment d’imposture?

En fait, je pense que mon chum et moi sentions le devoir de laisser la place aux autres, à ceux qui n’ont peut-être pas la chance comme nous d’avoir les ressources nécessaires pour subvenir à nos besoins. C’est souvent ce à quoi on associe les services et organismes communautaires qui se battent constamment pour leur survie.

En pourtant, ce peut-il que chacun ait sa propre raison? Être verts, échanger, se sentir moins seuls, faire des économies, sortir en hiver avec un enfant de 16 mois…

Bref, plusieurs buts différents et réunis, exactement comme les gens qui s’y retrouvent.

Pour moi

Ce constat m’amène à me dire que cette formule correspond tout à fait à une vision collective que je souhaite transmettre à ma fille.

Et si je décide d’utiliser cette belle ressource, d’autres le feront aussi et nous contribuerons certainement à la garder vivante!

Me sentant interpellée, je ne vis plus soudainement le sentiment d’être une intruse. Je sens que je fais moi aussi partie de la gang.

Pour nous autres

Finalement, j’ai décidé de dire à ma fille qu’on ne laissera pas les jouets aux autres, mais qu’on ira plutôt à leur rencontre.

Je lui expliquerai qu’il n’est plus nécessaire d’acheter des jouets puisque nous avons la chance d’en découvrir tous les mois et de les partager avec plein d’autres enfants comme elle.

Et finalement, nous ferons un tri de nos jouets poussiéreux et lorsqu’elle me demandera : « C’est pour qui?», eh bien, je lui dirai que c’est pour nous tous et nous les apporterons à la joujouthèque.

Vous êtes-vous déjà senti mal vous aussi d’utiliser des services que vous pensiez destinés aux autres?

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Originaire des Cantons de l’Est, j’ai adopté depuis plus de dix ans la charmante ville de Québec. Curieuse et fouineuse, j’aime partir à la découverte de tout ce qui se fait de beau, de bon et d’ici. Maintenant maman, je profite autrement mais pleinement de ma ville. Bon, je n’ai jamais assez de temps pour tout faire mais cela me permet d’alimenter ma "to do" liste qui n’est jamais bien loin.

6 commentaires

  1. À défaut d’utiliser les services de ce genre par manque de sous, je l’utilise surtout pour une autre très bonne cause: diminuer la surconsommation! Une belle valeur à enseigner :)

  2. Claudia dit

    Lorsque je vais à la joujouthèque avec mes 2 enfants c’est jour de fête. Ils adorent y aller. Ma fille de 3ans y a son bébé préféré aka Bébé grosses joujoues. Honnêtement, je ne vois que du positif à nos visites: prendre soin des jouets que nous devons retourner, moins de jouets à la maison, apprendre à faire de bons choix, politesse avec les 2 gentilles dames de l’endroit et la liste continue. Nous avons nous aussi commencé à remplir une boîte afin de partager avec la joujouthèque. Le milieu de garde de ma fille utilise aussi ce service. Je dois avouer que j’aime y retrouver des jouets old school qui me ramène dans ma jeunesse.

  3. Audrey Santerre-Crête (AKA directrice de la Joujouthèque) dit

    Merci pour ce beau témoignage! Ca résume tellement bien notre mission de mixité sociale ;0)

  4. Marie-Andrée dit

    J’aime beaucoup ce concept et ma fille aussi! Une belle façon de découvrir les intérêts afin de savoir quoi acheter ensuite pour éviter les cadeaux qui ramasseront la poussière.

  5. Gabrielle Fortin dit

    J’adore la Joujouthèque! J’y vais chaque semaine avec mes trois enfants. On sort de la maison, on découvre des nouveaux jouets/jeux, on apprend à partager et on rencontre d’autres familles. Et les animateurs.trices sont tellement sympathiques!

  6. Oui, je me suis déjà sentie mal d’utiliser des services que je pensais destinés aux autres. J’étais en pleine tourmente de ma dépression périnatale, et je ne savais plus où me tourner. Je me repliais de plus en plus sur moi-même et je sentais que ça me ferait du bien de rencontrer des gens. J’ai cherché des endroits où je pourrais trouver des mères avec qui j’aurais des atomes crochus, et je ne trouvais pas sur la Rive-Sud (où j’habite). J’ai fini par trouver un organisme communautaire à Hochelaga (qui s’appelle Entre-Mamans). Ça m’a pris tout mon petit change pour me rendre là, et en chemin je paniquais à l’idée qu’on me dise « Nenon, retourne chez toi, nous on aide les gens qui en ont VRAIMENT besoin. » (Je me sentais comme une imposteure.) Finalement, ça a été tout le contraire : les intervenantes m’ont accueillies de façon tellement douce et compréhensive, je n’aurais pas pu trouver mieux. Ça m’a fait un bien fou; je suis allée là-bas le plus souvent possible. C’est là que j’ai compris que les organismes communautaires, ils aident tout le monde. C’est sûr qu’il ne faut pas abuser, mais tant qu’on essaie de respecter les gens, y’a pas de problème. Ça m’a aussi poussée à donner à cet organisme. Ils sont tellement importants, les organismes communautaires!

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