Être parent
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La rentrée, la magie et le quotidien

Être mère, je trouve ça souvent difficile. La routine, ça épuise parfois, et la somme de petits défis devient bien trop grande.

Mais la vie d’une mère, c’est aussi rempli de petites pointes de merveilles : le premier sourire, le premier bisou, le premier dessin, une caresse surprise, un mot doux glissé au coucher, une réflexion (il)logique étonnante, nos enfants sont des magiciens du quotidien.

Mon fils, qui opère sa magie dans ma vie depuis sa toute première minute, commence la maternelle dans deux semaines. Nous terminerons alors ce qui aura été le plus bel été de nos vies ensemble. Même si je le sens prêt, une petite partie de moi voudrait le retenir dans l’innocence de l’enfance pour toujours. Que cet été ne finisse jamais, quoi.

Hier, comme s’il devait me rassurer pour de bon sur sa capacité à entreprendre cette grande aventure, il a une fois de plus usé de sa baguette magique.

Laissez-moi vous raconter.

Henri et moi discutons de quelqu’un qu’on aime. Un être d’exception qu’on se compte chanceux d’avoir dans notre vie.

J’explique à Henri que cette personne a toutes les qualités que j’admire le plus. En riant, j’ajoute que, dans ma liste des êtres humains de qualité, elle est pas mal au top.

Il me demande ensuite où son père se classe dans ma liste. « Tout en haut! » que je lui réponds.
On sourit.

« Et toi, maman? Tu te trouves où dans ta liste des êtres humains de qualité? »
Silence.

Je suis incapable de lui répondre. Pas envie de lui dire la vérité, mais pas capable de lui mentir non plus.

Le silence continue, j’ai la gorge serrée.
Il insiste.
Mes yeux se mouillent.

-Je sais pas, Henri. Maman trouve qu’elle a trop de défauts pour être dans le haut de la liste.
-Mais moi, je les aime, tes petits défauts.

Les larmes coulent doucement sur mes joues en entendant ces paroles de mon bébé. Il me regarde avec ses yeux de je-comprends-tout-bien-avant-le-temps et ajoute : « Je te le souhaite, maman, de te retrouver tout en haut de ta liste. Je te le souhaite vraiment. Ça serait important. »

Et, juste comme ça, j’ai arrêté de pleurer. Net.

En plus de me servir une vérité capitale que j’allais essayer de mettre en œuvre à partir de drette là, il m’a fait réaliser que mes craintes de le voir commencer l’école étaient vraiment ridicules. Si, du haut de ses cinq ans, il avait compris que l’amour (des autres, mais d’abord de soi) c’était le plus important, c’est que je pouvais le laisser prendre son envol dans le monde des grands, et ce, sans crainte. Il est plus que prêt.

Et dans son sac d’école tout neuf, je suis certaine qu’il y aura de la poussière d’étoiles.

Cette entrée a été publiée dans : Être parent

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Allô, je suis mère de deux jeunes enfants, diplômée en éducation, chroniqueuse sur la vie de famille depuis 2011 et auteure du guide "Maman a un plan pour que les enfants ne s'ennuient jamais".

8 commentaires

  1. Cynthia dit

    J’en suis toute émue.
    La maternité peut être parfois si difficile et, à d’autres moments, elle nous ramène à la plus belle des beautés.
    Henri a raison Odile, je suis certaine que tu es un humain rempli de beau, un humain de qualité.

  2. Ma fille a 4 ans et déjà une année de maternelle derrière elle. Je me suis dis plusieurs fois cet été que j’ai très envie de bloquer le compteur à cet âge-là. Elle est tellement à croquer !

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