Être parent, Portraits
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Moments, première partie

Il y a quelque temps, j’ai eu envie d’aller vérifier comment ça se passait, chez les autres.

Chez les autres mères qui, comme moi, en avaient plein leur assiette. Des mères qui, comme moi, devaient parfois en gérer plus qu’elles n’en avaient demandé. Des mères qui, comme moi, tentaient de trouver une manière « un tant soit peu équilibrée » de naviguer à travers leur maternité, leur vie amoureuse, professionnelle et personnelle.

J’avais envie d’aller les espionner, presque. C’est pourquoi je suis allée à leur rencontre avec mon amie Caroline Dostie, photographe sur laquelle je savais pouvoir compter pour croquer leur réalité en douceur.

Nous avons donc donné rendez-vous à quatre femmes à des moments qui leur semblaient bien banals, ce qui m’a valu des « T’es sûre, Odile?! ». Oui, j’étais sûre. Si je voulais du vrai , c’est comme ça que ça se passerait.

Première partie : La routine du matin chez Véronique

Quand nous sommes arrivées chez Véro à 7h, on les attrapait dans un petit matin pluvieux bien normal. Son conjoint venait de partir au travail. Elle avait eu le temps de s’habiller et elle commençait tout juste à servir le petit déjeuner à ses deux adorables fillettes.

Dans les semaines ayant précédé notre rencontre, Véro avait frappé un mur. Métaphorique, le mur, évidemment. Femme performante, consultante en environnement, étudiante au MBA, propriétaire de dizaines de logements, sportive invétérée et maman aimante. Un jour, quand son chum lui a demandé si elle voulait retourner habiter chez ses parents et qu’il s’occupe de la famille le temps qu’elle finisse son MBA, elle a craqué. Pour tout maintenir, elle devrait arrêter de voir ses filles au quotidien? Elle n’en a pas été capable… et c’est son emploi, sa grosse job, qui a sauté. Elle s’est sentie libérée.

Tout à coup, même les enfants qui ne coopèrent pas trop le matin pour se préparer à aller à la garderie, ce n’était plus si grave.

Elle savait qu’elle pouvait finir son diplôme, qu’elle pourrait ensuite reprendre un travail moins demandant ailleurs, et tenter de trouver en chemin ce qui la rendrait heureuse, elle, pour vrai.

Et clairement des petites filles qui jouent aux cartes avec toujours un peu du linge à plier derrière elles, c’était plus qu’en masse, point de vue bonheur.

En l’observant de loin et à la fois de si proche en ce petit matin, j’en suis venue à la conclusion qu’on se ressemblait beaucoup. Deux femmes perfectionnistes qui, une fois devenue mères, ont dû reconnaître à la dure qu’elles avaient des limites. Une claque dans la face qui, j’en conviens, n’a rien d’extraordinaire. Tant de mères autour de moi semblent être passées par là.

Elle est vraiment une mère comme moi, Véronique. C’est pas pour rien qu’on est amies depuis 20 ans.

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