Être parent, Portraits
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Moments, quatrième partie

Il y a quelque temps, j’ai eu envie d’aller vérifier comment ça se passait, chez les autres.

Chez les autres mères qui, comme moi, en avaient plein leur assiette. Des mères qui, comme moi, devaient parfois en gérer plus qu’elles n’en avaient demandé. Des mères qui, comme moi, tentaient de trouver une manière « un tant soit peu équilibrée » de naviguer à travers leur maternité, leur vie amoureuse, professionnelle et personnelle.

J’avais envie d’aller les espionner, presque. C’est pourquoi je suis allée à leur rencontre avec mon amie Caroline Dostie, photographe sur laquelle je savais pouvoir compter pour croquer leur réalité en douceur.

Nous avons donc donné rendez-vous à quatre femmes à des moments qui leur semblaient bien banals, ce qui m’a valu des « T’es sûre, Odile?! ». Oui, j’étais sûre. Si je voulais du vrai , c’est comme ça que ça se passerait.

Quatrième partie : Une soirée avec Virginia

« Mais comment tu fais!? » De toutes les phrases plates que Virginia a pu entendre dans les dernières années, c’est celle-ci qui lui fait le plus mal, chaque fois. « J’ai-tu le choix!? » est ce qu’elle y répondrait.

Oui, elle se trouve de manière quasi quotidienne au Centre Claude-Robillard pour les entraînements de sa plus jeune fille, NJ.

Oui, elle accompagne sa plus vieille, Sarah, dans ses devoirs alors qu’elles sont à la piscine et qu’elles attendent.

Oui, elle travaille à temps plein. Oui, il a les compétitions à l’extérieur. Oui, il y a les traitements pour le lupus de NJ. Oui, elle est elle-même une survivante du cancer du sein. Et, oui, elle est veuve depuis l’an dernier. Depuis que son mari a succombé à la fibrose kystique.

Mais non, elle n’a pas le choix. Pas le choix de travailler. Pas le choix de continuer à être un pilier pour ses deux merveilleuses enfants.

Je lui ai demandé si, face à la pression des questions et des gens qui s’en font pour elle, elle a déjà songé à mettre fin aux entraînements de NJ. Jamais, qu’elle m’a dit.

Elle ne sait trop comment la petite aurait réagi si, suite au décès de son papa, on lui avait aussi dit qu’elle devrait faire le deuil du plongeon.

Et si se rendre presque tous les jours au Centre, c’était une manière d’être encore plus ensemble, finalement?

Et la passion, et le plaisir, et le goût de vivre, c’est contagieux.

Et la fierté, ça nourrit, assez pour trouver la force de continuer.

« Vous aussi, vous le feriez si vous aviez pas le choix. » Je la crois, Virginia. Mais je l’admire, surtout.

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