Auteur : Amandine Gauthier

Trois

Du plus longtemps que je me souvienne, j’ai voulu trois enfants. Trois enfants. Me semble que c’est mon équilibre parfait. Toujours quelqu’un avec qui jouer. Juste ce qu’il faut de places sur le banc autour de la table à dîner. Suffisamment nombreux pour être une grande famille mais pas trop pour ne pas être ensevelis. Les trois petits cochons, la Sainte Trinité, les trois mousquetaires… Un joyeux bordel. Mon chiffre magique. Étrangement, après la naissance de notre deuxième, j’ai rapidement commencé à donner tout notre stock de bébé, ainsi que la totalité de mes vêtements de grossesse. Tout en rêvant au suivant, déjà. Plus incohérent que ça, c’était impossible. À mesure que je dilapidais tout ce qui pouvait servir pour un nouveau-né, Amoureux et moi échafaudions des plans pour accueillir un petit dernier. J’ai refusé le stérilet, eu des grandes discussions avec mes copines, rêvé de grande maisonnée chaotique et imaginé avec émoi ce petit être tout blotti contre moi. Puis, un soir, au coeur de notre tumultueuse routine, je me suis arrêtée et j’ai …

Devenir belle-mère

“C’est qui?”. “Ma belle-mère”. Bang. La claque. Beau-fils venait d’officialiser notre relation pour la première fois et un seul petit mot avait suffit pour que cet instant devienne inoubliable. Dans tous les sens du terme. En quelques secondes, non seulement j’étais devenue très vieille, mais j’étais devenue aussi très désagréable, semble-t-il. Soyons honnêtes : quand on entend le mot “belle-mère”, on pense plus à une acariâtre sexagénaire persécutante qu’à une femme incarnant harmonie, équilibre et légèreté. Avec un peu de recul, j’ai cependant réalisé que l’électrochoc ne venait pas tant de l’image que je dégageais (parce que, objectivement, j’étais dans la fleur de l’âge et de composition relativement agréable), mais plutôt de ce qu’il révélait. Le problème était donc plus de réaliser que toute notre réalité de famille recomposée venait de m’exploser en plein visage. Comme si Beau-fils venait de légitimer notre relation, mais aussi de mettre une certaine distance entre nous. Se chercher Alors pourquoi ce nom était-il si pénible à porter et tellement lourd de préjugés? Les réponses sont multiples j’imagine. Sans doute parce …

Mon plus beau défi

Ce soir on a ri, on a joué, on s’est raconté des histoires, on s’est collés. Je baigne encore dans les effluves de tes mots doux, de tes grandes déclarations d’amour et de tes “gros gros gros câlins, gros comme ça”. Et secrètement, j’ai savouré chaque seconde de ces moments de douceur, de petits bonheurs… et de grand répit. Enceinte, lorsque les gens me demandaient si je voulais un garçon ou une fille, je répondais systématiquement “Peu importe, je veux juste que cet enfant ait le bonheur facile.” Incroyable mais vrai, lors de ta première année tous t’appelaient Monsieur Content. Toujours souriant, d’un calme olympien, je t’emmenais partout et tu charmais n’importe qui. La face cachée de mon fils Puis tu as eu 11 mois. Soudainement, sans qu’on ne sache vraiment ce qui s’est passé, ton caractère s’est métamorphosé. Têtu, caractériel, hurleur – de jour comme de nuit. On ne te reconnaissait plus. On a évoqué les dents, une routine trop serré, un manque de routine, les problèmes de la garderie, le changement de garderie, …

Noël : bons plans écolo pour mamans pas grano

Si les fêtes riment rarement avec simplicité volontaire, on dirait que c’est le moment de l’année où ma fibre écolo ressort le plus. Sans doute parce que la consommation de masse a toujours été pour moi un non-sens absolu. Sans prôner l’austérité à tout prix, y a-t-il moyen de faire autrement mais avec tout autant de style et de plaisir? Absolument! 1- Décorer Vous êtes fans de Pinterest, vous suivez à la lettre les chroniques de notre Maude nationale, les DIY n’ont plus de secret pour vous? Tant mieux! Pour les autres, sachez qu’en plus d’être économiques et écolo, les décorations maison peuvent avoir beaucoup de classe tout en occupant vos progénitures un après-midi durant. Branchages, fruits, bonbons colorés, pots masson pimpés… tout autant de folles idées qui feront jaser, en plus de ne pas se ramasser à la poubelle en fin de soirée. 2- Emballer Ados, ma soeur et moi trouvions très cool d’emballer nos cadeaux dans des pages de magazine. S’il m’est bien resté quelque chose de cette mode, c’est de vouloir emballer …

Le prince charmant avait un fils

Du plus loin que je me souvienne, dans mes livres de princesse, non seulement Prince-charmant-sur-son-cheval-blanc n’arrivait pas en package avec Petit-prince-sur-son-poney, mais en plus la belle-mère était carrément désagréable (et moche, mais ça c’est un autre problème). Heureusement, parmi les choses que la vie m’a apprises, il y a notamment le fait que rien ne se passe jamais comme prévu. Lorsque Époux et moi sommes tombés amoureux l’un de l’autre, je savais qu’il avait un fils. J’ai donc plongé dans notre histoire en toute connaissance de cause. Ou du moins c’est ce que je pensais. Parce qu’en réalité, on ne peut absolument pas se douter du tourbillon qui nous attend tant qu’on ne s’est pas lancé dans l’aventure à coeur perdu. Si je résume : pas-encore-époux et moi tombons en amour, on se fréquente, il parle de moi à son fils, je rencontre officiellement futur-beau-fils, on s’apprivoise, il m’appelle pour la première fois sa belle-mère (ce qui équivaut à vieillir de 25 ans en une minute) et puis finalement, quelques mois plus tard, on s’installe …