Tous les articles classés dans : Défis

Je dois faire quelque chose de pas correct

Comme une rengaine. Je ne sais plus combien de fois j’ai lu/entendu cette phrase sortir de la bouche de mères autour de moi ces derniers temps. Des mères qui, je vous l’assure, sont pourtant hautement compétentes dans l’incessante tâche mentale, physique et émotionnelle que leur réalité parentale leur demande. « C’est clair que je fais quelque chose de pas correct. » « Je dois pas en faire assez. » « Je manque d’expérience. » « Je sais pas quoi faire. » Et pourquoi, ces phrases? Pas parce que leur enfant a été une peste en public, mais parce que quelqu’un, quelque part, leur a dit que leur enfant était un ange, poli, serviable, sociable, solidaire, amical, attentionné, drôle, d’humeur égale ou quelque chose dans ce genre. Et qu’elles en sont tombées de leur chaise. C’est quoi, il gosse personne autour? Toute la journée à la garderie, il fait pas de crise? Il mord pas les plus jeunes à la récréation? Jamais? Vous me mentez pas, un peu? Ah ben, sacrament. Et la rengaine repart. « Mon enfant est odieux, colérique, agressif juste avec moi, …

Aller au front

Pour ce premier texte sur cette magnifique plateforme, j’avais l’intention de parler de garde partagée. Après tout, c’est ce que je vis depuis six ans, alors, sans me prétendre « experte » dans le domaine, je dois quand même reconnaître que j’ai développé au fil des ans plusieurs outils « sur le tas » pour en faire un mode de vie relativement stable et harmonieux pour nous trois. Je vous parlerai de garde partagée une autre fois. Trop de choses se sont déroulées dans ma vie de maman au cours de la dernière année pour que je les mette de côté, pour que je ne profite pas de la tribune qu’on m’offre pour en parler. Il y a un an, notre merveilleuse fille a été diagnostiquée en épisode dépressif. Il y a certes une différence entre un épisode dépressif et une dépression, mais la mère que je suis a longtemps été incapable de voir la nuance entre les deux. Tout ce que j’ai entendu, dans le bureau du psy ce jour-là de janvier 2015, c’est « Votre fille est en …

Mon plus beau défi

Ce soir on a ri, on a joué, on s’est raconté des histoires, on s’est collés. Je baigne encore dans les effluves de tes mots doux, de tes grandes déclarations d’amour et de tes “gros gros gros câlins, gros comme ça”. Et secrètement, j’ai savouré chaque seconde de ces moments de douceur, de petits bonheurs… et de grand répit. Enceinte, lorsque les gens me demandaient si je voulais un garçon ou une fille, je répondais systématiquement “Peu importe, je veux juste que cet enfant ait le bonheur facile.” Incroyable mais vrai, lors de ta première année tous t’appelaient Monsieur Content. Toujours souriant, d’un calme olympien, je t’emmenais partout et tu charmais n’importe qui. La face cachée de mon fils Puis tu as eu 11 mois. Soudainement, sans qu’on ne sache vraiment ce qui s’est passé, ton caractère s’est métamorphosé. Têtu, caractériel, hurleur – de jour comme de nuit. On ne te reconnaissait plus. On a évoqué les dents, une routine trop serré, un manque de routine, les problèmes de la garderie, le changement de garderie, …

Le jour où je suis partie

Ma réflexion s’est étirée sur plusieurs mois. Peut-être même des années, si on additionne chaque petits moments où je me suis dit : Fille, pense à toi. Ça aura pris quelques semaines à vivre toute seule avec les enfants pendant un été pour enclencher réellement le processus. Dans ma tête. Y’avait plus le bonheur. Y’avait plus le plaisir. Y’avait surtout plus l’envie d’essayer de tout faire revenir. La décision n’a pas été facile. J’ai essayé de l’éviter. J’ai fait comme si de rien n’était. Puis, je suis allée consulter. Ma première question à la psy : Comment je peux faire pour changer, pour réparer les affaires? J’avais pas fini ma phrase que je savais déjà que c’est pas comme ça que ça fonctionnerait. C’est après trois ou quatre séances que j’ai été certaine de ma décision. Je pensais avoir besoin de l’approbation de quelqu’un de neutre. Quelqu’un qui n’allait pas me dire : As-tu pensé aux enfants? Quelqu’un qui ne jugerait pas. Quelqu’un qui ne me dirait pas : Y’était temps. Quand j’ai pris la décision de partir, …

J’ai honte de la mère que j’étais

Hé, salut. Avant de rentrer dans le vif du sujet, je pense qu’il serait plus poli que je me présente. Que je m’introduise, comme disent les Anglais. Question que cette nouvelle collaboration commence en douceur. Parce que le doux, c’est pas mal ma philosophie de vie. Le doux, c’est une priorité, un objectif, une quête. J’en distribue du mieux que je peux autour de moi. Tout comme les high-five. Je suis une bonne donneuse de high-five. Veux-tu un high-five? Tiens, prends-en un, c’est gratuit. Je suis très heureuse de débarquer sur Maman a un plan et de faire équipe avec une personne aussi sensible, intelligente et douée sur les réseaux sociaux qu’Odile. J’ESPÈRE QUE VOUS ALLEZ M’AIMER PARCE QUE MOI JE VOUS AIME DÉJÀ. Bloguer sa maternité J’ai longtemps écrit sur mon blogue personnel Ce que j’ai dans le ventre. Au fil des ans, les billets se sont accumulés par centaines, au gré de mes épiphanies, de mes questionnements et de mes pétages de coche. Je suis allée faire un peu de ménage là-dedans récemment. Chaque …

l'apaisante nature

Quand les tupperwares prennent trop de place

Un matin je me suis levée avec un urgent besoin de me brasser la cage. Parce que j’avais l’impression de tourner en rond, parce que je manquais de défis, parce que j’accumulais les frustrations et les insatisfactions et que je venais d’avoir 40 ans. On s’entend, je suis privilégiée. Je n’ai aucun « vrai » problème. On parle ici des remises en question d’une maman qui se sort de la petite enfance et qui, parce que sa fille est moins dans ses jupons, retrouve le temps de penser à son avenir et à ses ambitions. On parle de petites niaiseries qui minent le quotidien d’une éternelle insatisfaite. Je suis comme ça moi. Insatisfaite de moi, de ce que j’ai dit, de ce que je n’ai pas dit, du souper que je viens de faire (c’était meilleur la dernière fois). Mélangez ça à une éternelle optimiste (dans le sens de la vie pourrait être encore mieux, il n’en tient qu’à moi, je suis capable). On obtient une fâcheuse tendance à se taper sur la tête. L’urgent besoin de quelque chose. …

Le bébé lion

Une amie m’a envoyé ce texte sur ce qu’elle a traversé en devenant maman. En le lisant, j’ai su qu’il fallait que je le publie ici. Parce que je sais qu’un trop grand nombre de femmes souffrent de ce mal, l’anxiété, et que, souvent, elles le font en silence et dans la honte. Mon amie désire conserver l’anonymat et je la respecte. Je comprends que prendre la parole publiquement est difficile, et que toutes les femmes n’ont pas envie de voir leur histoire devenir publique. Par contre, en tant que société, nous ne pouvons plus nous taire : la dépression, les troubles anxieux, les idées suicidaires, ça peut toucher tout le monde, même les mères. Non, les hormones ou le bonheur d’avoir enfanté ne nous « protègent » pas. Et, au bout du compte, plus nous en parlerons, plus nous donnerons du fil à retordre à la honte. Mon lion Il y a tout un processus qui précède la visite chez ton médecin quand tu lui annonces, à bout de souffle : « J’en peux plus, je suis au bout du rouleau.» On n’arrive pas à une …