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Trois

Du plus longtemps que je me souvienne, j’ai voulu trois enfants. Trois enfants. Me semble que c’est mon équilibre parfait. Toujours quelqu’un avec qui jouer. Juste ce qu’il faut de places sur le banc autour de la table à dîner. Suffisamment nombreux pour être une grande famille mais pas trop pour ne pas être ensevelis. Les trois petits cochons, la Sainte Trinité, les trois mousquetaires… Un joyeux bordel. Mon chiffre magique. Étrangement, après la naissance de notre deuxième, j’ai rapidement commencé à donner tout notre stock de bébé, ainsi que la totalité de mes vêtements de grossesse. Tout en rêvant au suivant, déjà. Plus incohérent que ça, c’était impossible. À mesure que je dilapidais tout ce qui pouvait servir pour un nouveau-né, Amoureux et moi échafaudions des plans pour accueillir un petit dernier. J’ai refusé le stérilet, eu des grandes discussions avec mes copines, rêvé de grande maisonnée chaotique et imaginé avec émoi ce petit être tout blotti contre moi. Puis, un soir, au coeur de notre tumultueuse routine, je me suis arrêtée et j’ai …

Devenir belle-mère

“C’est qui?”. “Ma belle-mère”. Bang. La claque. Beau-fils venait d’officialiser notre relation pour la première fois et un seul petit mot avait suffit pour que cet instant devienne inoubliable. Dans tous les sens du terme. En quelques secondes, non seulement j’étais devenue très vieille, mais j’étais devenue aussi très désagréable, semble-t-il. Soyons honnêtes : quand on entend le mot “belle-mère”, on pense plus à une acariâtre sexagénaire persécutante qu’à une femme incarnant harmonie, équilibre et légèreté. Avec un peu de recul, j’ai cependant réalisé que l’électrochoc ne venait pas tant de l’image que je dégageais (parce que, objectivement, j’étais dans la fleur de l’âge et de composition relativement agréable), mais plutôt de ce qu’il révélait. Le problème était donc plus de réaliser que toute notre réalité de famille recomposée venait de m’exploser en plein visage. Comme si Beau-fils venait de légitimer notre relation, mais aussi de mettre une certaine distance entre nous. Se chercher Alors pourquoi ce nom était-il si pénible à porter et tellement lourd de préjugés? Les réponses sont multiples j’imagine. Sans doute parce …

Le prince charmant avait un fils

Du plus loin que je me souvienne, dans mes livres de princesse, non seulement Prince-charmant-sur-son-cheval-blanc n’arrivait pas en package avec Petit-prince-sur-son-poney, mais en plus la belle-mère était carrément désagréable (et moche, mais ça c’est un autre problème). Heureusement, parmi les choses que la vie m’a apprises, il y a notamment le fait que rien ne se passe jamais comme prévu. Lorsque Époux et moi sommes tombés amoureux l’un de l’autre, je savais qu’il avait un fils. J’ai donc plongé dans notre histoire en toute connaissance de cause. Ou du moins c’est ce que je pensais. Parce qu’en réalité, on ne peut absolument pas se douter du tourbillon qui nous attend tant qu’on ne s’est pas lancé dans l’aventure à coeur perdu. Si je résume : pas-encore-époux et moi tombons en amour, on se fréquente, il parle de moi à son fils, je rencontre officiellement futur-beau-fils, on s’apprivoise, il m’appelle pour la première fois sa belle-mère (ce qui équivaut à vieillir de 25 ans en une minute) et puis finalement, quelques mois plus tard, on s’installe …

« C’est quand notre mariage? »

« C’est quand notre mariage? ». Micro-silence. Un ange passe. Mon cœur cesse de battre une nano-seconde. Je me ressaisis. As-tu dis « notre » mariage? Pour vrai là? Toi, le petit frisé de même pas 10 ans. Toi que j’ai dû apprivoiser. Toi qui m’a laissée entrer dans ta vie tout en me surveillant du coin de l’œil. Toi qui a dû accepter qu’une autre que ta maman dorme avec ton papa. Toi qui a tant pleuré la séparation de tes parents. Toi qui rêves si fort que ta famille n’ai jamais explosé. Toi qui ris jaune quand quelqu’un te demande si je suis ta maman. Toi là,  tu t’étais approprié notre mariage à ton père et moi, au point qu’il était aussi devenu le tien ? Tu ne le sais pas, et je crois bien que je ne te l’avouerai pas de si tôt, mais ce soir là, j’ai recommencé à respirer un peu mieux. En se passant la bague au doigt, c’est exactement ça qu’on voulait : se dire qu’on s’aimait, mais aussi et surtout, te dire à toi …